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Start-up : l’Algérie négocie avec la Banque mondiale un fonds d’investissement dédié

Start-up : l’Algérie négocie avec la Banque mondiale un fonds d’investissement dédié
L'Algérie négocie avec la Société financière internationale la création d'un fonds d'investissement destiné aux start-up, alors que la Conférence africaine des start-up se prépare à Alger.

L’Algérie mène des discussions « très avancées » avec la Banque mondiale pour créer un fonds d’investissement dédié à ses start-up. Le ministre de l’Économie de la connaissance annonce aussi plus de 10 millions de dollars de levées de fonds lors de la Conférence africaine des start-up, en décembre à Alger. Et une nouvelle obligation oblige les grandes entreprises à financer l’innovation.

Fonds de la Banque mondiale pour les start-up algériennes : où en sont les discussions ?

L’Algérie négocie avec la Société financière internationale, la filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, la création d’un fonds d’investissement pour ses start-up. Le ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, évoque des discussions « très avancées ». Elles se déroulent en collaboration avec le ministère des Finances.

Selon le ministre, la Banque mondiale s’intéresse particulièrement aux start-up qui grandissent sur le marché algérien et peuvent se développer en Afrique et en Europe. Il l’a expliqué dans un entretien accordé au média Asharq Bloomberg, publié ce dimanche 8 novembre. Ni le montant ni le calendrier de ce fonds n’ont encore été annoncés.

Conférence africaine des start-up 2026 : plus de 10 millions de dollars de levées de fonds attendues

La cinquième Conférence africaine des start-up se tiendra du 5 au 7 décembre à Alger. Des start-up algériennes doivent y réaliser plus de 10 millions de dollars de levées de fonds auprès d’investisseurs internationaux, a annoncé Noureddine Ouadah. D’autres levées de fonds concerneront des start-up africaines.

Les organisateurs attendent plus de 25 000 participants et 40 délégations africaines, conduites par des ministres. Environ 150 investisseurs sont aussi annoncés, dont 98 ont déjà confirmé leur présence. La Banque mondiale, la Banque africaine de développement et plusieurs pays comme l’Allemagne, la Russie et l’Arabie saoudite participeront aussi à l’événement.

Le ministre veut multiplier les rencontres entre investisseurs et porteurs de projets pendant ces trois jours. Le montant final des levées de fonds dépendra de l’intérêt des investisseurs pour les solutions présentées. Les jeunes entreprises algériennes ont déjà montré leur potentiel, comme cet étudiant de Batna qualifié pour le mondial des start-up.

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Deep tech : pourquoi la conférence d’Alger mise sur les technologies de pointe

Cette cinquième édition est consacrée à la deep tech, les technologies issues de la recherche scientifique. Elle portera notamment sur l’énergie, la santé, l’intelligence artificielle, l’agriculture et l’industrie alimentaire. La souveraineté numérique de l’Afrique sera aussi au cœur des débats.

Le financement de la deep tech africaine est passé de 86 millions de dollars en 2015 à 1,2 milliard de dollars en 2023, selon les données du Programme des Nations unies pour le développement citées par le ministre. D’après nos calculs, il a donc été multiplié par près de 14 en huit ans. Il représente désormais environ 15 % du financement total des start-up du continent.

Les dépôts de brevets en Afrique sont passés d’environ 1 000 par an en 2004 à près de 3 500 en 2022. Le continent compte aussi 127 pôles d’innovation actifs, dont environ un quart tournés vers la deep tech. Par ailleurs, l’Union africaine a adopté vendredi à Addis-Abeba toutes les décisions de la quatrième conférence d’Alger.

Obligation de R&D de 1 % : quelles entreprises sont concernées ?

Depuis le 1er janvier 2026, les entreprises de droit algérien dont le chiffre d’affaires atteint au moins 2 milliards de dinars doivent consacrer au moins 1 % de leur bénéfice imposable à la recherche, au développement ou à l’innovation. Cette obligation, prévue par la loi de finances 2026, concerne tous les secteurs d’activité. Le seuil de 2 milliards de dinars équivaut à environ 15 millions de dollars.

Les entreprises peuvent mener ces actions en interne, ou dans le cadre de programmes d’innovation ouverte avec des start-up, des scale-up ou des incubateurs labellisés. Un arrêté publié au Journal officiel du 4 novembre détaille les dépenses reconnues. Elles incluent l’achat de solutions à des start-up, la sous-traitance de recherche à des laboratoires ou l’achat de brevets.

Les investissements comptent aussi : prise de participation dans une start-up, placement dans des fonds de capital-risque, financement participatif ou sukuk dédiés aux start-up. Le financement de chercheurs, de stages de recherche ou de projets universitaires est également admis. Les grandes entreprises disposent ainsi d’un large choix pour soutenir l’écosystème des start-up.

Plateforme innovation.gov.dz : comment déclarer ses dépenses de R&D ?

Les entreprises concernées doivent déclarer leurs dépenses de recherche et d’innovation uniquement sur la plateforme innovation.gov.dz, avant le 31 janvier de chaque année. Elles y saisissent les montants et téléchargent les justificatifs, comme les contrats, les factures ou les preuves de paiement. Le ministère des Start-up vérifie ensuite la conformité des dépenses déclarées.

Après vérification, l’entreprise obtient un relevé électronique des dépenses, sécurisé par un QR code. Elle doit le présenter à l’administration fiscale avec sa déclaration annuelle de résultat. Une entreprise peut aussi reporter ses dépenses à l’année suivante, en signant un engagement sur la plateforme.

Les entreprises qui ne consacrent pas 1 % de leur bénéfice à la R&D paient une taxe sur la différence. Par exemple, une entreprise qui réalise 500 millions de dinars de bénéfice imposable et n’investit que 2 millions de dinars dans l’innovation dépense 0,4 % de son bénéfice. D’après nos calculs, elle doit alors payer une taxe de 0,6 % de son bénéfice, soit 3 millions de dinars.

Selon Noureddine Ouadah, ce dispositif doit permettre de dégager chaque année plusieurs centaines de millions de dollars pour la recherche et l’innovation. L’Algérie progresse d’ailleurs dans les classements internationaux, comme le montre son rang dans l’Indice mondial de l’innovation 2026.

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Combien de start-up compte l’Algérie en 2026 ?

L’Algérie comptait environ 200 start-up en 2020, selon le ministre. Elle recense aujourd’hui plus de 15 000 projets innovants, start-up et structures d’accompagnement, comme les incubateurs et les accélérateurs. Ce chiffre regroupe donc plusieurs catégories, et ne correspond pas au seul nombre de start-up.

Pour soutenir cet écosystème, l’État a multiplié les dispositifs ces dernières années : label « start-up », fonds public de financement, prix présidentiel de la meilleure start-up. Le futur fonds de la Banque mondiale et l’obligation de R&D doivent désormais attirer davantage de capitaux privés. Le principal défi reste en effet le financement des jeunes entreprises au-delà de leurs premières années.

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AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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