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14 % à 31 % de réduction : Comment l’Algérie compte-t-elle financer son virage écologique ?

14 % à 31 % de réduction : Comment l’Algérie compte-t-elle financer son virage écologique ?

Deux jours de travaux au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal d’Alger auront suffi à poser un cap. Les 3 et 4 novembre 2026, le Premier ministre Seifi Gharib a lancé l’atelier national consacré au financement climatique et aux marchés du carbone, à quelques semaines de la COP31.

Membres du gouvernement, responsables militaires, experts nationaux et délégués d’organisations internationales ont pris part à cette séquence que l’exécutif présente comme déterminante pour la position algérienne dans les négociations à venir.

L’enjeu dépasse le simple exercice diplomatique. Il s’agit pour le pays de traduire ses promesses environnementales en mécanismes financiers concrets, capables d’attirer des capitaux sans fragiliser son économie dépendante des hydrocarbures.

La nouvelle CDN algérienne fixe un objectif de 31 % sous conditions

Déposée en août dernier auprès de l’UNFCCC, la nouvelle Contribution déterminée au niveau national acte un double engagement. Avec ses seules ressources, l’Algérie s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 14 % à l’échéance 2035. Ce plafond grimpe à 31 % si les financements internationaux et les transferts de technologies suivent.

Cette logique conditionnelle n’a rien d’anodin. Elle place la responsabilité partagée au centre du discours algérien, une ligne déjà défendue lors du sommet du GECF à Moscou, où une enveloppe de 22 milliards d’euros a été annoncée pour les énergies renouvelables.

Pour atteindre ces seuils, deux leviers reviennent systématiquement dans les documents officiels : la stratégie nationale de l’hydrogène vert, validée en 2023, et le vaste programme solaire porté conjointement par Sonatrach et Sonelgaz.

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Le secteur énergétique vise zéro émission de méthane en 2030

Sur le terrain industriel, la feuille de route imposée aux groupes publics ne laisse guère de marge. L’arrêt complet du torchage de routine du gaz figure parmi les priorités, tout comme l’objectif de zéro émission de méthane fixé à l’horizon 2030.

Cette orientation prolonge un travail entamé depuis plusieurs années avec des partenaires étrangers. En août dernier, Sonatrach et le groupe italien Eni ont scellé une lettre d’intention sur la décarbonation des activités pétro-gazières, avec une attention particulière portée aux fuites de méthane.

Le gaz à effet de serre le plus redouté des climatologues concentre aujourd’hui l’essentiel des efforts techniques. Audits énergétiques, formations de personnel et campagnes de mesure sur site se multiplient dans les champs du Sud.

Un marché carbone national pour attirer le capital privé

L’autre chantier annoncé concerne l’architecture institutionnelle. Alger prépare son adhésion aux mécanismes prévus par l’Article 6 de l’Accord de Paris, qui autorise les échanges de crédits carbone entre États et entre opérateurs.

Le gouvernement veut construire un marché carbone national qu’il qualifie de souverain. Trois finalités sont mises en avant : drainer des investissements privés vers les projets bas carbone, garantir la fiabilité du système de mesure, notification et vérification (MRV), et prémunir l’appareil productif national contre les barrières environnementales qui se dressent chez les grands importateurs.

Ce dernier point préoccupe particulièrement les exportateurs algériens. Les taxes carbone aux frontières européennes pourraient renchérir les produits énergétiques algériens, alors même que les acheteurs du nord de l’Europe montrent un intérêt renouvelé pour le gaz algérien.

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La transition énergétique s’appuie sur des partenariats technologiques

Aucun de ces objectifs ne tiendra sans savoir-faire importé. Les discussions menées en juin dernier avec Equinor, lors d’une rencontre entre Mohamed Arkab et la direction du groupe norvégien pour l’Afrique, illustrent cette recherche de compétences extérieures.

In Salah et In Amenas servent de laboratoires à ces expérimentations. Le captage et le stockage du carbone y font l’objet d’évaluations techniques continues, tandis que les équipes locales montent progressivement en compétences.

Reste la question du calendrier. Entre le dépôt d’une contribution révisée, la mise en place d’un registre carbone crédible et la bascule effective des opérateurs industriels, l’Algérie dispose de moins d’une décennie pour transformer l’essai. La COP31 offrira un premier test de crédibilité à cette feuille de route.

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AH

Amel Hamana

Journaliste – Actualité nationale et société

Amel Hamana couvre l'actualité nationale, les sujets de société et les faits divers pour Algerie360.

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