C’est un tournant important pour l’autonomie alimentaire du pays. La wilaya d’Aïn Oussera s’apprête à accueillir l’entrée en exploitation de la toute première usine algérienne de production de levure boulangère conçue à partir de la « cellule mère ».
Ce projet industriel de grande envergure a été mis en avant par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de l’inauguration de la Foire internationale d’Alger.
Derrière cette infrastructure se cache un investissement majeur de 29 milliards de dinars algériens, pensé pour répondre à un défi précis : couvrir la totalité des besoins du marché national. Avec une capacité de production fixée à 38 000 tonnes par an, l’usine permettra de s’affranchir d’une dépendance historique vis-à-vis de l’étranger.
Jusqu’ici, l’Algérie importait l’essentiel de sa levure depuis la France, la Chine ou la Turquie, une enveloppe qui grevait le budget de l’État à hauteur de 100 millions de dollars par an. Désormais, cette somme sera préservée.
Au-delà de l’enjeu économique de substitution aux importations, le projet s’ancre dans le quotidien de la région en créant 880 emplois, directs et indirects, offrant ainsi de nouvelles perspectives professionnelles locales.
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L’usine se veut également moderne dans sa gestion des ressources, puisqu’elle intègre des installations solaires pour assurer la moitié de sa propre consommation énergétique.
Une fois le marché local stabilisé, l’entreprise prévoit de franchir une nouvelle étape dès sa deuxième année d’activité en se tournant vers l’exportation.
Les prévisions tablent déjà sur des revenus de l’ordre de 30 millions de dollars, transformant ainsi un poste de dépense historique en une nouvelle source de devises pour le pays.
Levure, chauffage, verrerie : 3 grands projets nationaux pour en finir avec l’importation
L’inauguration de cette 57ème édition de la Foire internationale d’Alger (FIA) par le Président Abdelmadjid Tebboune a mis en lumière une réalité concrète : l’Algérie tourne définitivement la page des « projets sur papier ».
Les rapports détaillés présentés au chef de l’État révèlent une dynamique de terrain où de grands complexes entrent en production effective pour soulager la facture globale des importations de plus de 150 millions de dollars.
Une maîtrise technologique totale pour la levure boulangère
Trois unités stratégiques incarnent cette transformation, à commencer par le projet d’Aïn Oussera qui brise le monopole historique des importations de levure, notamment françaises.
Au-delà de sa capacité de production — réévaluée pour couvrir environ 120 % de la demande nationale et générer un excédent exportable —, le complexe se distingue par sa maîtrise scientifique. C’est la première fois que l’Algérie produit sa propre levure à partir d’une « cellule mère ».
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Cette technologie de pointe assure un contrôle total de la chaîne de fabrication, réduisant au strict minimum le besoin d’intrants étrangers. Les essais non commerciaux, débutés à la mi-mai 2026, annoncent une mise en service industrielle imminente sur ce site de 5 hectares.
Chauffage : Le futur géant de Bordj Bou Arreridj s’apprête à bousculer le marché
Le second pilier de cette transition industrielle se dresse à Bordj Bou Arreridj. Portée par le groupe algérien Condor en partenariat avec la firme italienne Radiatori, une nouvelle unité s’apprête à fabriquer des radiateurs de chauffage à une échelle impressionnante : 24 millions d’unités par an, soit un volume supérieur à celui des trois plus grandes usines d’Italie réunies !
Cet investissement de 42 millions d’euros, détenu majoritairement à 60 % par la partie algérienne, s’inscrit pleinement dans l’économie circulaire en exploitant de l’aluminium recyclé.
Attendue pour un démarrage de production en août 2026, l’usine créera 500 emplois directs, avant de déployer une seconde phase en 2027 dédiée au recyclage local de canettes et de déchets métalliques pour fermer sa boucle de production.

Verrerie : le retour en force du secteur public
Le troisième volet de cette stratégie vise à reconquérir le marché du verre à travers trois unités réparties entre Chlef et Tébessa.
L’ambition est claire : capter rapidement 30 % du marché du verre de table et assurer, d’ici la fin de l’année, 80 % des besoins en flaconnage de l’industrie pharmaceutique nationale, tandis qu’un segment lié au verre creux démarrera à l’automne.
Le fer de lance de cette reprise est l’usine de verre pressé de Chlef, gérée par la filiale « Nover » du groupe ENAVA (sous la houlette de la holding ACS).
Ce projet de réhabilitation et d’extension a la particularité d’avoir été entièrement autofinancé à hauteur d’un milliard de dinars algériens, prouvant la capacité de modernisation des entreprises publiques.
Opérationnelle depuis avril 2026 après deux ans de travaux, l’usine affiche un taux d’intégration nationale de 80 % en valorisant les matières premières locales.
À elle seule, elle permet déjà d’économiser entre 10 et 36 millions de dollars par an en produisant localement des articles de table et de décoration du quotidien.

