Légalement, la fin de mandat de la période 2007-2012 est le 29 septembre prochain,
ce qui veut dire que les présidents des Assemblées populaires communales seront privés de leurs prérogatives, qui n’ont jamais existé en réalité, puisque le pouvoir est concentré entre les mains du wali et des chefs de daïra mais ils restent les maîtres au niveau de leurs sièges
car pour avoir un rendez-vous avec le maire, il faut passer par un long chemin qui n’aboutit pas automatiquement.
Ceci n’a pas empêché des maires de lancer déjà leur pré-campagne électorale en prévision des prochaines élections locales programmées pour le 29 novembre prochain. Des élections municipales qui ont déjà mis les partis politiques dans la course. Ces derniers vont disputer les milliers de sièges à travers les 1 542 communes existant
dans le pays. Depuis les élections locales de novembre 2007, des centaines de communes du pays ont vécu des tensions qui persistent jusqu’à ce jour. Sans exagérer, la fermeture de sièges d’Assemblées populaires communales par des citoyens en colère et parfois même par des élus municipaux qui ne sont pas sur la même longueur d’onde que leurs collègues du parti majoritaire qui tient l’Assemblée ont été constatées. D’autre part, il y a eu des Assemblées dissoutes. Des maires ont été relevés de leurs fonctions par des walis. Des présidents d’APC poursuivis par la justice pour malversations et manœuvres frauduleuses dans la passation de marchés publics. D’autres P/APC ont choisi de démissionner suite à des pressions multiples et d’autres ont fait l’objet de retrait de confiance. Avec une simple lecture des chiffres officiels fournis par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia qui occupe cette fonction depuis 2009 sachant qu’il été chargé des collectivités locales comme ministre délégué, la situation des communes algériennes n’est pas fameuse. D’ailleurs, il y a eu le recensement de 33 situations de blocage au niveau des Assemblées communales, 32 cas de retrait de confiance des maires à cause notamment des conflits partisans mais surtout à cause des intérêts personnels sachant que les projets au niveau de ces Assemblées tournent autour des appels d’offres et des projets de logements. Par ailleurs, lors du précédent mandat des Assemblées locales, 206 élus ont été poursuivis en justice et 43 élus sanctionnés pour mauvaise gestion. D’autres rapports de presse parlent de «près de 150 élus locaux, entre P/APC et responsables, qui ont été interpellés et traduits devant la justice pour diverses affaires, corruption, et détournements».
En outre, 417 communes au niveau du territoire national sont déficitaires, puisque leurs dettes ont atteint 300 milliards de dinars. Il est à souligner que la commune participe avec 7% de ses revenus dans le budget de fonctionnement et d’équipement dégagé par le Trésor public, d’un taux de 93%.
Selon de précédents rapports de presse, il y aurait «pas moins de 1 000 fonctionnaires des APC et daïras qui ont démissionné au cours de ce mandat». Il s’agit dans l’ensemble «de techniciens, ingénieurs, chefs de service et élus locaux qui, pour plusieurs raisons, ont fini par claquer la porte. Les mauvaises conditions de travail, entre autres, les salaires non motivants sont derrière ce départ massif de fonctionnaires».
Il s’agit aussi «de règlements de comptes et parfois des rixes subies par beaucoup de cadres d’APC et daïras, poussant ces derniers à opter pour d’autres horizons beaucoup plus cléments».
Il est à noter que selon le code électoral dans son article 73 : «Les déclarations de candidature doivent être déposées cinquante (50) jours francs avant la date du scrutin». L’article 83 de la loi stipule que «dans les quinze jours qui suivent la proclamation des résultats des élections, l’APC élit, parmi ses membres, un président pour la durée du mandat. L’élection a lieu à bulletin secret, à la majorité absolue. Si aucun des candidats n’a obtenu la majorité absolue des voix, un deuxième tour est organisé entre les deux candidats ayant obtenu la majorité des voix. En cas d’égalité des voix obtenues, est déclaré élu le candidat le plus jeune».
Par Nacera Chennafi
