Le nouveau ministre des Mines et des Industries minières a officiellement pris ses fonctions. Face à un secteur resté trop longtemps en sommeil, il dévoile une feuille de route ambitieuse : moderniser le cadre juridique, attirer les capitaux étrangers et valoriser des gisements parmi les plus riches de la planète.
La passation de pouvoir s’est déroulée au siège du ministère des Hydrocarbures. Mourad Hanifi, 58 ans, a reçu les clés du nouveau département des mains de Mohamed Arkab, promu ministre d’État. Karima Bakir-Tafer conserve son poste de secrétaire d’État. Une cérémonie sobre pour un enjeu colossal, réveiller une filière minière qui végète depuis des décennies dans l’ombre du pétrole et du gaz.
Un secteur en léthargie que le nouveau ministre veut transformer
L’ingénieur géologue ne découvre pas le terrain. Ancien président du comité de direction de l’Agence nationale des activités minières, Mourad Hanifi a participé à l’élaboration de la nouvelle loi minière 25-12. Il connaît les blocages, les lenteurs administratives et les potentiels gaspillés. Aujourd’hui, il affiche ses priorités sans détour.
« Le secteur minier deviendra un véritable levier de l’économie nationale », a-t-il déclaré lors de la cérémonie. Pour y parvenir, il mise sur une réforme en profondeur. La transparence, l’efficacité et la modernisation du cadre juridique constituent les trois piliers de sa stratégie.
Un cadre minier modernisé pour séduire les investisseurs
Mourad Hanifi résume sa vision en une phrase claire : « La prochaine étape sera axée sur la mise en œuvre d’une réforme minière moderne renforçant la transparence, encourageant l’investissement et offrant un cadre juridique attractif, en vue d’accélérer la transformation des ressources naturelles en projets économiques productifs et en emplois. »
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Le nouveau ministre entend simplifier les procédures administratives et améliorer le climat des affaires. Il mise également sur le contenu local et la formation des compétences nationales.
Mines en Algérie : des gisements exceptionnels encore sous-exploités
L’Algérie ne manque pas d’atouts. Mourad Hanifi a dressé l’inventaire des richesses du sous-sol national. Des ressources « exceptionnelles et diversifiées » qui n’attendent que d’être valorisées :
- Des réserves de phosphate parmi les plus importantes au monde
- Le gisement de zinc et de plomb de Tala Hamza-Amizour
- Des perspectives confirmées dans l’or, le cuivre et le manganèse
Ces potentialités ne deviendront « réalité économique que si elles se concrétisent par des opportunités et des projets miniers et industriels tangibles ».
L’exploration et les technologies de pointe comme priorités
Le nouveau ministre ne compte pas se contenter d’exploiter les gisements connus. Il veut intensifier les efforts d’exploration à travers tout le territoire national. Pour cela, il s’appuiera sur les technologies de pointe et les compétences locales.
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Le respect des normes environnementales figure également parmi ses axes prioritaires. La réhabilitation des sites miniers et le développement durable guideront les futures opérations. Une exigence qui répond aux standards internationaux et aux attentes des populations locales.
Les hydrocarbures recentrés sur leurs missions principales
Cette séparation libère aussi Mohamed Arkab. Le ministre d’État des Hydrocarbures peut désormais concentrer ses efforts sur le développement pétrolier et gazier. Il a d’ailleurs annoncé le lancement prochain du nouvel appel à l’investissement « Algeria Bid Round 2026 ».
De son côté, le département de l’énergie et des énergies renouvelables poursuit ses projets. La production solaire se développe. Les ambitions sur l’hydrogène vert se précisent. Le marché africain de l’électricité reste une cible prioritaire.
Qui est Mourad Hanifi ? Un profil technique pour une mission de long terme
Mourad Hanifi cumule plus de 25 ans d’expérience dans les domaines de la législation minière, de la gestion des droits miniers et de la fiscalité.
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Diplômé de l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediène, il a contribué à des projets structurants comme ceux de Gara Djebilet et du phosphate intégré. Un parcours qui rassure les opérateurs économiques. Et un homme qui connaît les dossiers et les leviers à actionner.
