Fin de la convention aérienne de 2014 : après la décision d’Alger, les Émirats réagissent

Fin de la convention aérienne de 2014 : après la décision d’Alger, les Émirats réagissent
Après la décision d’Alger de mettre fin à l’accord aérien avec les Émirats, Abu Dhabi réagit et assure que les vols se poursuivent sans perturbation immédiate.

A la suite de la décision de l’Algérie de mettre fin à l’accord relatif aux services aériens liant les deux nations, l’Autorité générale de l’aviation civile (GCAA) des Émirats arabes unis a publié un communiqué de clarification. L’organisme assure que cette transition s’inscrit dans un cadre réglementaire strict et n’impacte pas, pour l’heure, la fluidité des échanges aériens.

Ces précisions de la part des autorités émiraties font suite à l’annonce officielle d’Alger : l’Algérie a lancé, samedi, la procédure formelle de dénonciation de l’accord relatif aux services aériens avec les Émirats arabes unis. Cette initiative met un terme à une coopération structurée depuis plus de dix ans, signalant une volonté de l’Algérie de réévaluer ses partenariats stratégiques et de redéfinir les équilibres de son espace aérien.

Pendant une décennie, ce texte a constitué la pierre angulaire des échanges aériens entre les deux pays, régissant non seulement les liaisons directes mais aussi les droits de trafic au-delà de leurs territoires respectifs.

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Les clarifications de l’aviation civile émiratie

Dans un communiqué, relayé par l’agence de presse émiratie WAM, la GCAA a tenu à préciser que la dénonciation d’un tel accord ne signifie pas une interruption brutale et immédiate des vols. Selon les mécanismes prévus par les conventions internationales de l’aviation civile, l’accord reste juridiquement en vigueur durant la période de notification légale stipulée dans le texte initial.

En conséquence, les opérations aériennes, qu’elles soient commerciales ou de fret, se poursuivent, pour l’heure, normalement entre les aéroports algériens et émiratis. Les voyageurs et les opérateurs logistiques ne devraient subir aucune perturbation directe dans l’immédiat.

L’Autorité a également confirmé qu’une « coordination est en cours avec toutes les entités concernées par les canaux officiels, et qu’elle traite ces développements avec responsabilité et professionnalisme, conformément aux cadres juridiques et diplomatiques établis ».

Quel est l’impact de l’annulation de la convention entre l’Algérie et les Émirats arabes unis ?

Bien que soudaine, la procédure respecte les normes internationales : elle déclenche un préavis de douze mois après notification aux autorités émiraties et à l’OACI, période durant laquelle les vols se poursuivent avant l’extinction définitive des droits de trafic.

L’annulation de cet accord entraîne la révocation des « libertés de l’air », privant les compagnies émiraties de leurs droits de survol, d’escale technique et de transport de passagers depuis le sol algérien. Ce changement contraint des transporteurs majeurs comme Emirates ou Etihad à revoir leurs trajectoires régionales, notamment vers l’Afrique de l’Ouest. En outre, la fin de la reconnaissance mutuelle des certificats de navigabilité et des licences d’équipage complexifie la gestion opérationnelle et administrative des vols.

Sur le plan financier, la fin de la convention supprime des avantages fiscaux et douaniers majeurs, tels que les exemptions sur le carburant et les pièces de rechange, alourdissant ainsi les coûts d’exploitation. Les facilités de transfert des recettes vers les sièges sociaux des compagnies ne sont plus garanties, soumettant désormais chaque opération au régime fiscal de droit commun. Ce démantèlement redéfinit profondément l’équilibre économique et la stratégie aérienne entre les deux nations.

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