Le pôle pénal spécialisé dans les affaires de corruption financière et économique de Sidi M’hamed a rendu un verdict sévère contre Fouad Bachir Ould Abbes, fils de Djamel Ould Abbes, ancien secrétaire général du Front de Libération Nationale (FLN). Reconnu coupable de blanchiment d’argent, il a été condamné à 10 ans de prison ferme, assortis d’une amende de 8 millions de dinars. La même juridiction a ordonné la confiscation intégrale de ses biens, qu’ils soient immobiliers ou mobiliers, et a confirmé le mandat d’arrêt international émis à son encontre.
Un verdict financier qui frappe fort le Trésor public
Au-delà de la peine d’emprisonnement, c’est sur le volet civil que la décision prend toute sa dimension. Évaluées à 50 millions de dinars, les réparations imposées à Fouad Bachir Ould Abbes visent à compenser les pertes subies par les finances publiques du fait de ses agissements. Une somme que le tribunal a jugé proportionnelle à l’ampleur du préjudice causé à la collectivité.
Ce dossier s’inscrit dans une nouvelle procédure judiciaire, distincte des affaires précédemment instruites. C’est précisément ce qui explique la sévérité du jugement : le prévenu était poursuivi dans le cadre d’une affaire de corruption inédite, centrée exclusivement sur des faits de blanchiment de capitaux.
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12 ans requis contre l’ex-ministre Ali Aoun dans l’affaire Imetal
Dans une autre affaire de corruption, le parquet de la Cour d’Alger a formulé ses réquisitions dans un dossier connexe, impliquant plusieurs personnalités de premier plan. Le ministère public a réclamé 12 ans de prison ferme à l’encontre de l’ancien ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, ainsi que contre l’homme d’affaires oranais connu sous le surnom de « Nounou Manita ».
Charaf-Eddine Amara, ancien président de la Fédération algérienne de football, est lui visé par une demande de 6 ans de réclusion. Pour les autres prévenus, les réquisitions oscillent entre 5 et 10 ans ferme. Le fils du ministre, Mehdi Aoun, le directeur général de l’entreprise FONDAL et le PDG du complexe sidérurgique Sider El-Hadjar se voient chacun réclamer 10 ans d’emprisonnement, accompagnés d’une amende d’un million de dinars. Les sociétés impliquées, quant à elles, font face à une demande de condamnation à 32 millions de dinars d’amende.
Ces réquisitions font suite à l’ouverture du procès, le 6 avril dernier, dans l’affaire de corruption liée au groupe public IMETAL, spécialisé dans les industries métallurgiques et sidérurgiques.
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Un arsenal de charges couvrant corruption, abus de fonction et blanchiment
Les infractions retenues contre l’ensemble des prévenus couvrent un spectre large, ancré dans les dispositions de la loi algérienne de prévention et de lutte contre la corruption. Parmi les chefs d’accusation figurent la dilapidation de deniers publics, l’abus volontaire de fonction en violation des textes réglementaires, et l’octroi d’avantages injustifiés à des tiers.
S’y ajoutent des faits d’exploitation d’influence pour obtenir des bénéfices indus, la perception illégale d’avantages liés à des contrats supervisés par les accusés, ainsi que la corruption de fonctionnaires publics par offre ou promesse d’avantages non mérités. L’incitation de fonctionnaires à abuser de leur position et le blanchiment d’argent complètent ce tableau d’accusations particulièrement lourd.
Le scandale Imetal avait déjà conduit, en avril 2026, à la condamnation d’Ali Aoun à 5 ans de prison ferme, tandis que l’homme d’affaires « Nounou Manita » avait écopé de 10 ans. L’ex-président de la FAF Charaf-Eddine Amara avait, lui, bénéficié d’un acquittement dans ce premier volet, avant d’être à nouveau poursuivi dans la procédure actuelle. Ces développements s’inscrivent dans une vaste offensive judiciaire contre les réseaux de corruption au sein des entreprises publiques, engagée depuis plusieurs années par le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed.
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