La dixième chambre pénale près la Cour d’Alger a examiné, ce mardi, l’affaire d’une médecin généraliste, gérante d’une clinique spécialisée en esthétique dans la capitale, identifiée par les initiales « S.A », ainsi que de son assistante, poursuivie sous les initiales « M. Amina ». Cette dernière supervisait des interventions esthétiques au profit de jeunes femmes souhaitant modifier les traits de leur visage à l’aide des techniques de « filler » et de « botox », sans disposer de qualification ni de formation préalable. Une pratique qui l’a conduite à comparaître dans une affaire ayant failli lui coûter une peine de prison ferme.
L’accusée gérait également une page sur le réseau social Facebook, intitulée « By Madi », destinée à la prise de rendez-vous pour les clients désirant bénéficier des prestations esthétiques proposées par la clinique, située au quartier Saïd Hamdine dans la commune de Bir Mourad Raïs, à Alger.
Les poursuites engagées contre les deux prévenues pour le délit d’usurpation de titre lié à une profession réglementée font suite à une plainte déposée par une jeune femme. Celle-ci s’était rendue à la clinique après avoir pris rendez-vous via la page Facebook.
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L’Affaire d’injections à risque
Selon les éléments du dossier, la victime, identifiée par les initiales « B. Hanaa », s’est entendue avec l’assistante « M. Amina », qui l’a reçue à la clinique et lui a pratiqué une injection de « filler » au visage. Peu après avoir quitté l’établissement, la plaignante a constaté l’apparition de changements inquiétants sur son visage, sous forme d’ecchymoses noires, ainsi qu’une coloration bleutée généralisée. Ces symptômes, survenus quelques heures seulement après l’intervention, lui ont causé un choc psychologique.
Face à la détérioration de son état, la victime a contacté la clinique pour signaler les préjudices subis. L’accusée l’a rassuré qu’il s’agissait d’effets secondaires normaux appelés à disparaître avec le temps et que le résultat souhaité serait atteint.
À l’audience, la médecin propriétaire de la clinique a nié toute responsabilité, affirmant ne pas avoir pratiqué l’intervention ni même reçu la patiente. Elle a précisé qu’elle ne se trouvait pas à Alger le jour des faits et que son assistante devait assumer l’entière responsabilité.
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Implications juridiques et verdict
Les échanges avec la présidente d’audience ont toutefois révélé que l’assistante réalisait des actes esthétiques sans formation spécialisée ni qualification, notamment dans des zones sensibles du visage à l’aide d’injections de « filler » et de « botox ».
La praticienne a rappelé qu’elle exerce la médecine générale depuis 1997, qu’elle suit des formations continues à l’étranger et qu’elle poursuit une spécialisation en esthétique. Elle a également soutenu que sa clinique dispose d’un agrément officiel et fonctionne dans le respect de la législation.
La magistrate a cependant souligné que le problème résidait dans le recrutement de personnes non qualifiées pour accomplir de tels actes, qualifiant la situation de « très grave ». De son côté, l’assistante « M. Amina » a reconnu avoir procédé à l’injection de « filler » sur la victime au sein de la clinique, affirmant qu’elle travaille habituellement avec cette technique en présence de la médecin, en qualité d’assistante. Elle a indiqué avoir acquis une expérience suffisante grâce à la pratique, tout en niant s’être présentée à la cliente comme infirmière ou médecin spécialiste en esthétique.
Au vu des éléments exposés, le procureur de la République a requis une peine de deux ans de prison ferme et une amende de 500 000 dinars algériens à l’encontre de la médecin « S.A », avec un alourdissement de la peine pour son assistante « M. Amina ».
La Cour d’Alger a mis l’affaire en délibéré au 17 mars prochain. À noter qu’en première instance, le tribunal de Bir Mourad Raïs avait condamné « M. Amina » à un an de prison avec sursis, tandis que la propriétaire de la clinique « S.A » avait été acquittée des faits qui lui étaient reprochés.
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