Feux de forêt en Algérie : un réseau criminel démantelé, les suspects risquent la peine de mort

Feux de forêt en Algérie : un réseau criminel démantelé, les suspects risquent la peine de mort
Feux de forêts en Algérie

Quatre hommes sont désormais derrière les barreaux à Constantine, inculpés pour avoir volontairement mis le feu à des espaces forestiers. Le parquet de de Sidi M’hamed a rendu public un communiqué détaillant trois affaires distinctes traitées dans le cadre de la vague d’incendies criminels qui a frappé plusieurs wilayas du pays en fin de semaine dernière. Les charges retenues sont d’une gravité exceptionnelle : actes terroristes et destruction volontaire de forêts domaniales, des infractions passibles de la peine de mort.

À LIRE AUSSI : Incendies en Algérie : voici les 13 wilayas où les feux restent actifs

Constantine : trois affaires, quatre suspects pris en flagrant délit sur vidéo

Trois dossiers distincts ont été instruits par la même juridiction. Dans le premier, deux individus, « B.S.A » et « F.A », sont accusés d’avoir intentionnellement incendié les broussailles jouxtant le quartier de Sanaoubar à Constantine. Une séquence vidéo récupérée par les enquêteurs les montre en train d’allumer le feu sur les lieux mêmes du sinistre. Une preuve accablante, obtenue sans ambiguïté.

La deuxième affaire concerne un certain « L.F », filmé lui aussi en train de mettre le feu à des arbustes et des arbres le long de la route de la Soummam, toujours dans la wilaya de Constantine. Le troisième dossier est d’une nature légèrement différente. « B.S » a été interpellé en flagrant délit alors qu’il brûlait deux tas de câbles en cuivre contre le mur en béton de l’autoroute reliant Constantine à Annaba, au lieu-dit Ben Abdelmalek Ramdane. Ce feu a détruit deux hectares de forêt domaniale.

Des charges terroristes et une peine maximale pouvant aller jusqu’à l’exécution

Au terme des investigations menées conjointement par la brigade criminelle de la sûreté de wilaya de Constantine et le service de recherche et d’investigation de la Gendarmerie nationale, les quatre suspects ont été présentés devant le magistrat instructeur. Ce dernier a ordonné leur placement en détention provisoire.

Les chefs d’inculpation retenus sont particulièrement lourds. Les mis en cause répondent de la qualification de réseau criminel organisé ayant commis des actes terroristes et subversifs de nature à mettre en danger la vie, la sécurité et les biens des personnes, conformément aux articles 87 bis et 87 bis 1 du code pénal. S’y ajoute le crime d’incendie volontaire de forêts appartenant à l’État, sanctionné par l’article 138 de la loi relative aux forêts et aux richesses forestières. Ces dispositions prévoient, dans leur degré le plus grave, la peine capitale.

À LIRE AUSSI : Les incendies font de lourds dégâts en Algérie : l’État annonce des indemnisations pour les sinistrés

Une saison des feux marquée par la recrudescence des actes criminels

Ces arrestations s’inscrivent dans un contexte national particulièrement tendu. Le 18 juillet 2026, la Protection civile recensait 104 départs de feu en une seule journée sur l’ensemble du territoire, dont 42 foyers encore actifs mobilisant les équipes dans vingt wilayas. Constantine figurait parmi les zones touchées, aux côtés de Skikda, Béjaïa, Sétif et Guelma.

Face à cette pression saisonnière, l’État a engagé une modernisation profonde de ses capacités de détection. Le déploiement de 140 drones de surveillance couplé à l’exploitation d’images satellitaires constitue l’un des axes majeurs du dispositif 2026, pensé pour identifier les foyers naissants avant toute propagation. C’est précisément ce type de surveillance technologique, combiné au travail de terrain des forces de sécurité, qui a permis de confondre les suspects de Constantine grâce aux enregistrements vidéo.

À LIRE AUSSI : Incendies meurtriers : le ministère de l’Intérieur dévoile le bilan officiel des victimes