Le rideau est tombé ce jeudi soir sur la 6ème édition du Festival d’Annaba du film méditerranéen. Entre le triomphe du cinéma égyptien, invité d’honneur, et des moments d’émotion historique, cette édition restera comme celle de la maturité et de la mémoire partagée.
Après six jours de bouillonnement culturel au Théâtre régional Azzedine-Medjoubi et à la cinémathèque, la ville d’Annaba a rendu son verdict. Avec 55 films en provenance de 20 pays, le festival a tenu ses promesses, offrant un panorama complet du cinéma méditerranéen contemporain.
Le Palmarès : L’Égypte et l’Algérie sur le podium
La compétition officielle a consacré le film égyptien Aisha can’t fly away (Aïcha ne peut plus s’envoler), qui repart avec le prestigieux Grand Prix du meilleur long-métrage. L’Égypte confirme ainsi son statut de géant du cinéma régional, un statut célébré tout au long de cette édition dont elle était l’invitée d’honneur.
L’Algérie n’a pas démérité, portée par le succès du film POUPIYA. Véritable plébiscite, l’œuvre a réalisé un triplé rare : le Prix spécial du Jury, le Prix du Public et le Prix de la Presse. La jeune actrice algérienne Lydia Chebout a également été sacrée Meilleure actrice pour son rôle dans Khayet El Rouh (Thread of life).
Parmi les autres distinctions :
- Meilleure réalisation : Annemarie Jacir (Palestine) pour Palestine 36.
- Meilleur acteur : Helmi Dridi (Tunisie) pour Round 13.
- Documentaire : Le Grand Prix revient à la Libyenne Jihan Kikhia pour My Father and Qaddafi (Mon père et Kadhafi).
- Court-métrage : L’Égypte double la mise avec Derniers miracles (The last Miracle).
Quand le cinéma célèbre le football : L’hommage vibrant à Belloumi et Madjer à Annaba
Au-delà de la compétition, cette édition a été marquée par des moments de grande intensité émotionnelle. La projection du documentaire algéro-qatari Gijon 1982 a transformé le théâtre Azzedine-Medjoubi en stade de légende.
En présence des icônes Lakhdar Belloumi et Rabah Madjer, le film a revisité l’épopée des Verts lors du Mondial espagnol, révélant des témoignages inédits de joueurs allemands sur le tristement célèbre « match de la honte ».
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Le festival a également été un espace de réflexion académique et historique. Une exposition dédiée à la mémoire cinématographique algéro-égyptienne a permis de valoriser un patrimoine commun exceptionnel.
Benjamin Stora à Annaba : Son plaidoyer pour l’ouverture totale des archives coloniales
L’un des temps forts fut sans conteste la Masterclass animée par Ahmed Bedjaoui, réunissant l’historien Benjamin Stora et la moudjahida Louiza Ighilahriz.
À cette occasion, Benjamin Stora a lancé un appel fort pour l’ouverture « complète et inconditionnelle » des archives françaises aux chercheurs algériens, plaidant pour la levée de tous les obstacles administratifs et sécuritaires.
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Le festival d’Annaba ne s’est pas contenté de regarder le passé. À travers ses prix d’aide à l’industrie, il investit dans l’avenir. Le projet En attendant le paradis… de l’Égyptien Mohamed Siam a reçu le prix de soutien au scénario, tandis que l’Algérienne Amal Blidi a été récompensée par le prix « Plateau 19 » pour son projet Mimouna, lui ouvrant les portes d’une résidence d’écriture.
En mêlant paillettes, football, histoire et soutien technique, cette 6ème édition réaffirme Annaba comme un carrefour incontournable du cinéma méditerranéen, où les enjeux de l’image rencontrent ceux de la mémoire.
