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Faux médicaments Attention aux pharmacies « voyous » !

Faux médicaments Attention aux pharmacies « voyous » !
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Le marché parallèle du médicament est 25 fois, voire 45 fois, plus rentable que le trafic de drogue et est à l’origine du décès de 800.000 personnes par an dont la majorité est issue des pays sous-développés. Les faux médicaments sont 25.000 fois plus consommés que les vrais.

Tel est le constat établi, hier, par le vice-président de l’ordre des pharmaciens, Mohamed Sanadiki, à l’occasion du forum Santé Pharma, sous le thème « Pharmacie, psychotropes et les dangers du marché parallèle ». Selon Sanadiki, la fabrication de faux médicaments ne répond pas aux normes édictées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et leur propagation prend des proportions alarmantes en Algérie avec quelque 27.000 produits importés illégalement. « Des pharmacies voyous, des charlatans guérisseurs et des délinquants proposent des médicaments d’importation mafieuse sans vignettes et sans factures », a-t-il révélé. A cet effet, Sanadiki a précisé que les moyens de lutte reposent essentiellement sur une prise de conscience globale et le suivi de la nomenclature qui comprend 5.000 produits pharmaceutiques. Selon lui, le phénomène est encore à ses débuts en Algérie comparativement à d’autres pays et ce, grâce à la présence de la caisse de sécurité sociale qui prend en charge pratiquement tous les citoyens. Mais il n’y a que la digue de l’assurance sociale pour empêcher l’explosion de l’informel et surtout du trafic de psychotropes. Fahima Lekhal, pharmacienne à l’hôpital de Ben Aknoun, a expliqué que l’approvisionnement des établissements de santé en médicaments doit se faire sur un carnet à souche à 3 volets délivré par la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH). Elle a rappelé qu’en Algérie, 18 produits stupéfiants (morphiniques) existent dans les CHU. En outre, l’arrêté du 29 juin 2013 a apporté un plus quant aux données des traitements de la douleur dans la prise en charge des maladies lourdes. « Deux officines dans la wilaya d’Alger commercialisent ces produits », a-t-elle indiqué.

Psychotropes, produits à surveillerx
Pour Wahiba Gacem, pharmacienne responsable à l’hôpital psychiatrique Drid Hocine, les psychotropes réduisent la souffrance et leur utilisation s’est généralisée. Elle a rappelé, dans ce sens, qu’il y a en Algérie deux décrets portant classification des plantes et substances classées comme stupéfiants psychotropes ou précurseurs. Evoquant le circuit des psychotropes, elle a fait savoir que le pharmacien doit assurer et déclarer les prestations depuis l’arrivée du médicament jusqu’à sa distribution et sa consommation par le malade selon la circulaire du ministère de la Santé du 22 novembre 2005. Elle a précisé que les producteurs doivent aussi disposer d’un registre spécial des entrées et sorties des médicaments. Dans ce contexte, elle a recommandé d’établir un fichier national des malades mentaux, de classifier les substances psychotropes, de favoriser le bon usage par ordonnance, d’encadrer les conditions d’utilisation, de prescription et de délivrance et de réduire le conditionnement de certains psychotropes.

Pour une Nouvelle stratégie de santé publique

DGSN : La prévention et la répression pour lutter contre le trafic de stupéfiants
La stratégie de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) s’appuie sur deux principaux volets. Il s’agit de la prévention et de la répression. C’est ce qu’a indiqué Tahar Tilouin, représentant de la DGSN à l’occasion du forum Santé Pharma. Selon lui, la police de proximité tend à se rapprocher davantage des jeunes et établir un contact direct avec les citoyens. Dans ce contexte, a-t-il rappelé, des cellules d’écoute ont été mises en place en 2004 pour prendre en charge les toxicomanes pour les aider à décrocher. Evoquant le trafic local, il a signalé que la tendance a évolué en 2015 se traduisant par la saisie de 395.229 comprimés psychotropes. L’Ouest du pays est la région de prédilection de ce trafic. « Ce phénomène s’explique par le coût accessible de ces produits et le recours aux ordonnances de complaisance en plus de la complicité de certains représentants hospitaliers », a-t-il souligné. A cet effet, il a souligné que sur le plan répressif, la DGSN a mis en place 48 brigades spécialisées dans la lutte contre ce fléau.

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