Farid Kourtel à l’Industrie : automobile, usines à l’arrêt… le nouveau ministre a du pain sur la planche

Le remaniement gouvernemental ouvre une nouvelle séquence pour l’industrie en Algérie. Nommé mercredi à la tête du secteur, Farid Kourtel hérite d’un portefeuille chargé, avec plusieurs chantiers déjà engagés et d’autres qui attendent encore des avancées concrètes. Parmi les dossiers qui arrivent sur son bureau, l’industrie automobile occupe une place particulière, alors que le projet Hyundai semble se rapprocher de la concrétisation selon de récentes déclarations de responsables coréens.
Le nouveau ministre devra surtout transformer les orientations fixées par les pouvoirs publics en résultats mesurables, notamment en matière de production locale, d’intégration industrielle et de création de valeur hors hydrocarbures.
Industrie en Algérie : Farid Kourtel attendu sur le cap des 15 % du PIB
Farid Kourtel, conseiller du président de la République chargé de l’économie depuis mars 2026, prend les commandes d’un secteur auquel les autorités veulent donner un poids plus important dans l’économie nationale.
Le président Abdelmadjid Tebboune a fixé à 15 % du PIB la contribution attendue de l’industrie. Cette progression doit notamment passer par le développement de la production locale, la création de valeur et le renforcement de plusieurs filières. Notamment la mécanique, le textile, l’agroalimentaire et les matériaux de construction.
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L’échéance de 2027, associée par le chef de l’État à un PIB de 400 milliards de dollars, donne une dimension supplémentaire à ce chantier. Le nouveau ministre devra donc rapidement faire le lien entre les annonces, les investissements et les résultats observables sur le terrain.
Industrie automobile en Algérie : Hyundai arrive parmi les dossiers les plus suivis
L’automobile occupera une place importante dans les dossiers transmis à Farid Kourtel. Après plusieurs expériences interrompues, le secteur doit désormais évoluer vers une production intégrant davantage de composants fabriqués en Algérie.
Le projet Hyundai figure à ce titre parmi les dossiers les plus attendus. Des responsables coréens ont récemment indiqué que le projet avait atteint des étapes avancées, laissant entrevoir une concrétisation prochaine.
Le ministère devra aussi examiner le devenir de plusieurs sites ayant déjà accueilli des projets automobiles. Notamment ceux de Kia à Batna, Volkswagen à Relizane et Hyundai à Tiaret. Leur réutilisation pourrait permettre de valoriser des infrastructures industrielles déjà existantes.
La question dépasse toutefois la sortie des premiers véhicules. La réussite des nouveaux projets dépendra aussi de leur capacité à entraîner des entreprises algériennes dans la fabrication de pièces, la sous-traitance et les chaînes d’approvisionnement.
Intégration locale : les entreprises algériennes au cœur du prochain chantier
Augmenter la production industrielle ne signifie pas seulement multiplier les unités de fabrication. Il faut aussi pouvoir produire localement une part croissante des matières, composants et services nécessaires à leur fonctionnement.
C’est là qu’intervient le dossier de la sous-traitance. Le ministère devra rapprocher davantage les grands groupes des PME algériennes et développer les réseaux de fournisseurs. Particulièrement dans la mécanique et l’automobile.
Cette montée en puissance de l’intégration locale doit également permettre de réduire les importations de composants lorsqu’une production nationale peut prendre le relais.
Usines à l’arrêt et entreprises publiques : des capacités à remettre en mouvement
Autre dossier qui attend le nouveau ministre, les entreprises publiques et les usines actuellement à l’arrêt.
Pour les groupes industriels publics, la question de la gouvernance revient au premier plan. Les contrats de performance doivent notamment permettre de mieux mesurer les résultats et la capacité des dirigeants à améliorer la productivité et la création de valeur.
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Du côté des usines fermées, le ministère devra identifier les sites qui peuvent reprendre leur activité et les conditions nécessaires à leur redémarrage. Les capacités déjà disponibles constituent ainsi un autre levier à exploiter avant d’envisager de nouvelles installations.
Industrie en Algérie : simplification et numérisation au menu
Les industriels attendent également des réponses sur les obstacles qui ralentissent leur activité. Foncier, équipements, intrants, procédures administratives et coordination entre les différentes institutions figurent parmi les dossiers à traiter.
La numérisation doit accompagner cette démarche. Le ministère prévoit notamment une base de données nationale de l’industrie. Destinée à recenser les entreprises actives, leurs capacités, leurs produits, leurs besoins en matières premières, leurs taux d’intégration et leurs capacités inutilisées.
Cette cartographie doit aussi permettre d’identifier les produits et composants encore importés alors que leur fabrication pourrait être développée en Algérie.
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Enfin, Farid Kourtel devra se pencher sur plusieurs commissions et conseils lancés précédemment au sein du ministère. Dont certains ont connu un ralentissement. Leur relance ou leur réorganisation pourrait compléter cette nouvelle étape pour le secteur.
À son arrivée, le nouveau ministre hérite ainsi d’un portefeuille où les dossiers sont étroitement liés. Relancer les capacités existantes, attirer de nouveaux projets, faire progresser l’intégration locale. Et donner davantage de place aux entreprises algériennes dans les chaînes de production.








