Disparu depuis 8 ans en Belgique : les restes d’un Algérien retrouvés sous une dalle en béton

Huit ans après la disparition inexpliquée de Farid Bouzid, le mystère qui plane sur les hauteurs de Cheratte commence enfin à s’éclaircir. À l’époque, cet habitant d’origine algérienne menait une vie paisible avec sa compagne et leur petit garçon de quatre ans. Aujourd’hui, le dossier prend une tournure tragique : la mère de son enfant dort désormais derrière les barreaux, suspectée au cœur d’une affaire criminelle hors norme.
Bien que la disparition inquiétante de cet homme sans aucun passé judiciaire ait rapidement été signalée à la police de la Basse-Meuse, une hypothèse a très vite pris le dessus. Élevé par une mère allemande, Farid aurait manifesté le désir de renouer avec ses racines paternelles. Pour beaucoup, il aurait ainsi pu faire le choix de tout abandonner du jour au lendemain pour refaire sa vie en Algérie.
Aucun avis de recherche n’est alors diffusé : majeur et libre de ses actes, Farid avait le droit de disparaître. Les semaines, les mois, puis les années ont glissé dans le silence. Sans la moindre nouvelle, sa famille, profondément meurtrie par ce qu’elle pensait être un abandon volontaire, est restée condamnée à l’attente, suspendue au moindre signe de vie.
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Huit ans après, des restes retrouvés
Resté en sommeil depuis 2018, le dossier de cette disparition a finalement pris une tout autre tournure en atterrissant sur le bureau de la redoutable section « Cold Case » de la PJF de Liège. Spécialisée dans la réouverture d’affaires oubliées, cette unité d’élite passe les vieux dossiers au crible des nouvelles technologies forensic et scientifiques pour y poser un regard neuf.
Le 3 juillet dernier, l’affaire a basculé dans une tout autre dimension. Des fouilles d’envergure ont été ordonnées dans la maison familiale de Visé, où vivaient toujours Éloïse et son fils. Sous une dalle de béton coulée à l’arrière de la propriété — servant manifestement de terrasse —, les enquêteurs ont mis au jour des ossements humains. Les analyses médico-légales ont rapidement confirmé le pire : il s’agissait bien des restes du quadragénaire. Après des années de doute, sa dépouille a enfin pu être restituée à sa famille.
Interpellée dans la foulée, la compagne du quadragénaire a immédiatement été privée de liberté. Si elle aurait reconnu l’homicide, la suspecte nie toute préméditation. Le mode opératoire demeure pour l’instant inconnu. C’est en découvrant que des travaux de bétonnage avaient été exécutés exactement à l’époque de la disparition que les policiers ont décidé de sonder la terrasse, levant ainsi le voile sur le mystère.
La femme de Farid arrêtée
C’est l’effroyable réalité de cette affaire : la dépouille du père de famille est restée enfouie sous le jardin pendant huit longues années, tandis que la mère y poursuivait paisiblement son quotidien avec leur enfant. Entre les repas partagés sur la terrasse et les jeux dans le jardin, l’image glace le sang et suscite un effroi légitime. La suspecte demeure en détention préventive, une mesure récemment confirmée par la chambre du conseil de Liège.
Du côté de la famille de Farid Bouzid, la retenue reste de mise face aux étapes à venir de la procédure. « C’est un immense choc pour ses proches, mais aussi un soulagement de savoir enfin ce qu’il est devenu », déclarent leurs avocats, Me Johan Ancia et Me Maxime Dulieu.
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