Vidéos pendant les matchs en Algérie : la FAF resserre la vis sur les caméramans

Plus question de dégainer son appareil pour capter quelques secondes d’action et les poster dans la foulée. La Fédération algérienne de football vient de resserrer sérieusement le cadre de travail des caméramans de presse dans les enceintes sportives. Une instruction portant le numéro 84, datée du 2 novembre et signée par le secrétaire général de l’instance fédérale, Nadir Bouzenad, fixe de nouvelles conditions d’accréditation et de placement. Le message central tient en une ligne : l’accréditation donne droit à la photo, rien d’autre.
La FAF ferme la porte à toute captation vidéo non autorisée
Le cinquième alinéa du texte est sans ambiguïté. Les photographes accrédités n’ont plus le droit d’enregistrer des séquences filmées reprenant des phases de jeu, des buts ou tout autre moment d’une rencontre. L’interdiction va plus loin encore : exploiter, diffuser ou relayer ces images sur un support médiatique ou sur un réseau social devient également prohibé, sauf autorisation expresse délivrée en amont par le détenteur légal des droits.
La fédération justifie ce tour de vis par la nécessité de préserver les droits exclusifs de retransmission. Derrière cette formulation, on devine sans peine la position de la télévision publique, qui détient notamment la diffusion des rencontres de Ligue 1 professionnelle. Toute captation échappant à ce cadre est présentée comme une infraction caractérisée, susceptible d’entraîner des suites juridiques et disciplinaires.
La question du contenu visuel diffusé sans accord préalable n’est d’ailleurs pas propre au football. Le durcissement intervient dans un climat où la publication d’images sur les plateformes numériques fait l’objet d’un encadrement légal renforcé en Algérie, avec des obligations précises pesant sur ceux qui collectent et diffusent ces contenus.
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Une accréditation réservée aux médias reconnus
L’instruction revoit aussi les critères d’obtention du sésame. Pour espérer travailler au bord du terrain, le photographe doit appartenir à un organe de presse reconnu par le ministère de la Communication. Autre exigence, il lui faut disposer d’un matériel photographique professionnel. Les amateurs et les comptes de réseaux sociaux improvisés en couverture sportive se retrouvent de fait écartés des tribunes réservées.
Le texte ne se contente pas de verrouiller l’usage de la vidéo. Il organise également la présence physique des professionnels de l’image durant les rencontres. Des emplacements précis leur sont attribués, et le franchissement de la pelouse devient formellement exclu. Les espaces classés sensibles restent eux aussi hors d’atteinte.
Même traitement pour la parole. Les entretiens et déclarations ne pourront se tenir que dans les lieux prévus à cet effet, ce qui met fin aux interviews improvisées dans les couloirs ou aux abords immédiats des vestiaires. L’objectif affiché consiste à éviter les attroupements et à sécuriser le déroulement des rencontres.
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