Face à la pénurie des compétences en Algérie : Les Algériens des USA à la rescousse

Face à la pénurie des compétences en Algérie : Les Algériens des USA à la rescousse

24_930833687.jpgLes scientifiques algériens aux Etats-Unis viennent à la rescousse de la pénurie des compétences au sein des infrastructures du pays (université, institutions d’Etat, entreprises…etc.).

Un «ambitieux» programme a été élaboré conjointement par la communauté scientifique algérienne des Etats-Unis et le ministère algérien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS), afin de renforcer le partenariat scientifique entre les deux pays, a indiqué avant-hier à l’APS, Farid Amirouche, président exécutif de la Fondation algéro-américaine pour la science et la technologie (FAACEST).

Depuis la dernière rencontre entre les deux parties en décembre dernier à Alger, plusieurs projets ont été identifiés et devraient être lancés à la fin du premier semestre 2011, a-t-il avancé. Les projets à réaliser à court terme dans ce programme portent respectivement sur l’élaboration de mémorandums d’entente, la création de deux pôles d’excellence dans le domaine de la recherche et la mise en place de programmes de formation dispensés en Algérie par des scientifiques algériens exerçant aux Etats-Unis, selon le même responsable qui est également directeur de recherche du laboratoire de biomécanique à l’université de l’Illinois.

Concernant les mémorandums d’entente, ils seront établis entre les universités algériennes et américaines dans le but de renforcer la coopération dans le domaine de la recherche et de promouvoir les échanges scientifiques. Sur ce point, le MESRS a affirmé «sa volonté d’établir un partenariat avec les instituts américains et de travailler ensemble pour créer de nouveaux programmes dans les domaines scientifique et technologique», a-t-il expliqué. A cet effet, la fondation œuvre actuellement à l’établissement d’une liste de partenaires et d’instituts pour l’établissement de ces accords. Le deuxième projet à court terme consiste à la mise en place d’un encadrement conjoint en faveur des diplômés algériens dans le cadre de partenariat dans le domaine de la recherche scientifique en Etats-Unis et l’Algérie. Ce projet met l’accent sur le corps professoral et les chercheurs algériens exerçant aux Etats-Unis qui seront chargés de co-encadrer en Algérie les étudiants pour des durées à court ou à long terme, et pour lesquels des financements sont prévus par le MESRS, précise le Même responsable. Quant au troisième projet, il s’agira de la création de deux centres de recherche appelés «pôles d’excellence» dans les domaines respectivement du cancer et de l’engineering biomédical.

Un pôle d’excellence du génie biomédical

Pour le futur centre de recherche de cancer, des comités scientifiques composés de spécialistes algériens en Algérie et aux Etats-Unis ont été formés pour l’élaboration d’un plan de mise en œuvre qui devra être finalisé en avril 2011.

Ces comités devront identifier les priorités en fonction des caractéristiques de cette pathologie en Algérie, et ce dans les domaines de la prévention, du diagnostic et du traitement ainsi que de la formation. Ce pôle d’excellence devrait être opérationnel en juin 2011 et abrité dans les locaux du centre Pierre et Marie Curie de l’hôpital Mustapha d’Alger. Pour ce qui concerne le pôle d’excellence du génie biomédical, où il s’agit d’appliquer les principes d’ingénierie à des problèmes médicaux et biologiques, sa dimension clinique portera sur la médecine cardio-vasculaire, la neurochirurgie, l’orthopédie et la pédiatrie. Son entrée en activité est également prévue en juin prochain et devraêtre installé soit à l’annexe de l’Institut Pasteur à Sidi-Fredj soit au Centre de biotechnologie de Constantine qui, a affirmé M. Amirouche, sont tous les deux dotés de compétences humaines remarquables et d’équipements et de laboratoires adéquats.

Ce centre, selon lui, «jouera un rôle crucial dans le renforcement des liens entre les chercheurs algériens des Etats-Unis et d’Algérie et sera un modèle de coopération scientifique pour la création de synergies et de nouvelles solutions aux défis de la bio-engineering dans les deux pays». Mais tous ces objectifs nécessiteront une «forte implication des partenaires stratégiques de la fondation», a-t-il insisté.

Les partenaires potentiels identifiés comprennent le CHU Mustapha-Pacha, le Centre de biotechnologie de Constantine, l’Institut Pasteur d’Alger, le Centre Pierre-et-Marie-Curie, l’Ecole polytechnique et le Centre pour le développement des technologies avancées (CDTA). Outre ces projets à réaliser à court terme, d’autres domaines sont proposés, portant sur la gestion des risques sismiques, l’environnement et lutte contre la pollution, la radiologie et la formation médicale, les pathologies pédiatriques et le vieillissement squelettique.

Mise en place en janvier 2010, la FAACEST rassemble notamment des scientifiques, des universitaires et des médecins algéro-américains avec pour mission essentielle de développer la coopération entre l’Algérie et les Etats-Unis dans les domaines de la science, de la technologie et de la santé. La communauté scientifique algérienne résidant aux Etats-Unis varie entre 600 et 1.000 effectifs qui activent essentiellement dans les universités et les instituts de recherche et laboratoires publics et privés.