Extraits des mémoires de Chadli: « C’était moi qui ai dissous le Parlement, car l’armée ne fait pas confiance à Belkhadem»

Extraits des mémoires de Chadli: « C’était moi qui ai dissous le Parlement, car l’armée ne fait pas confiance à Belkhadem»
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Echorouk a reçu quelques extraits des mémoires de Chadli, relatant de plusieurs détails de la vie de l’ex-président et révélant d’importants et de dangereux secrets.

On retient dans des extraits, les circonstances de sa désignation à la tête du pays, et les événements ayant conduit à la dissolution du parlement et à rompre ses liens avec quelques personnalités du pouvoir.

Ils reviennent sur les événements auxquels il a pris part, à l’instar du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), son implication dans la guerre de Libération ainsi que les raisons de son incarcération à Milia et dans la wilaya II historique, en arrivant aux relations qu’avait nouées avec notamment, Larbi Belkheir, Khaled Nezar et Mouloud Hamrouche.

Chadli Bendjedid (1979-1992), est né le 14 avril 1929, à Seba’â dans la commune de Bouteldja à El-Taref.

Début 1955, il rejoint les rangs de la guerre de Libération nationale, et n’a jamais été dans l’armée française ni à l’intérieur du pays ni à l’extérieur et n’a pas pris part à la Guerre d’Indochine, comme l’ont souligné par erreur les historiens Mohammed Harbi et Benjamin Stora lesquels s’étaient excusé auprès de Chadli.

Chadli prépare l’entrée de l’armée des frontières

Avant le déclenchement de la guerre de Libération, Chadli était militant au sein du Mouvement national et du MTLD, qui hérite du PPA (Parti populaire algérien), qui a gardé la même stratégie du parti en dépit des restrictions exercées par l’administration coloniale.

Aux côté de Chadli, il y avait son père, au sein du mouvement qui vise l’anéantissement du régime colonial et la mise en place d’un système et d’une souveraineté nationale et d’organiser des élections générales sans distinction ethnique ni religieuse, devant mener à la fondation de la République algérienne démocratique et indépendante en préservant ses aspects arabo-islamique et africain.

Chadli a par la suite occupé plusieurs postes, en étant chef de groupe en 1955, vice-responsable d’une région militaire 1956, puis promu au poste de chef de région militaire entre 1958-1959. Date à laquelle, il a été désigné chef de région militaire au niveau de la Zone nord opérationnelle après l’arrivée de Houari Boumediène.

Chadli était le premier officier de la base est à piétiner le territoire national pour préparer l’entrée de l’armée des frontières.

Juste après l’arrivée de la délégation de la wilaya II assistée au congrès de Tripoli 1962, il s’est dirigé vers ladite wilaya où il a rencontré Salah Boubnider.

C’est là où il a été arrêté puis emprisonné, à Milia (Jijel actuellement) accusé d’avoir été derrière la requête condamnant le GPRA, avant d’être relâché.

Chadli repousse l’armée de l’occupation du Nord Constantinois

Après l’Indépendance (5 juillet 1962), Houari Boumediène a confié à Chadli la mission de diriger 6 groupes de l’ALN (Armée de libération nationale) rentrant à Jijel depuis plusieurs régions de la Wilaya II.

Ensuite, il a également été désigné chef de la 6e Région militaire, devenue actuellement 5e RM, dont le siège est à Constantine. C’est là où le commandant Chadli a repoussé l’armée coloniale du Nord Constantinois.

Après deux ans passés à la tête de la 5 e RM, il a été transféré vers la 2e RM à Oran. C’est là où il a fortement participé au coup d’Etat de 19 juin 1965, avec le colonel Boumediène, ministre de la Défense et vice-président du Conseil du gouvernement.

Bencherif encercle Chadli lors du procès de Chaâbani

En sa qualité chef de la Ve Région militaire, il a été désigné membre du tribunal, pour juger le colonel Mohamed Chaâbani, le grand moudjahid qui a remplacé le colonel Si El Houas dans le commandement de IV Région militaire, et c’était le premier colonel au sein de l’armée algérienne après l’indépendance.

Chaâbani préconisait la désignation du général de corps de l’armée au plus supérieurs de officiers et le plus ancien dans le grade militaire, afin de mettre en déroute toute tentative de coup d’Etat.

La décision du colonel Chaâbani aurait sans doute irrité le colonel Boumediène. Les signes de disputes entre Boumediène et Chaâbani se sont dessinés en l’occurrence, lors de la tenue du 4e congrès du FLN, le 16 avril 1964.

Chaâbani avait présenté ce jour-là, un lourd rapport réclamant l’assainissement les rangs de la révolution, en faisant allusion aux officiers, et aux sous-officiers ayant fui l’armée française et n’ayant pas participé à la guerre de Libération.

Juste après, Boumediène intervenait en se prétextant qu’il est préférable de compter sur d’officiers algériens, que de faire appel à des techniciens et experts étrangers.

Ressentant le durcissement des dires du plus petit colonel du monde-comme il était qualifié Chaâbani- Boumediène s’est vite mis à la restructuration des régions militaires du pays, en déplaçant le siège de la VI Région militaire de Biskra à Ourgla, en mettant fin aux fonctions de Chaâbani, remplacé par le commandant Amar Melah le 4 juin 1964.

En revanche, Chaâani a été désigné membre du bureau politique du FLN, une décision qu’a rejetée en bloc Chaâbani.

Après ce refus par Chaâbani, Boumediène a sur-le-champ décidé de le lyncher en désignant un tribunal militaire à Oran, composé de Abderrahmane Bensalem président, Said Abid et Chadli Bendjedid.

Pendant le procès de Chaâbani, le commandant de la Gendarmerie nationale, Ahmed Bencherif assurait la sécurité du tribunal et ne s’est pas mêlé dans le procès jusqu’à la prononciation du jugement condamnant à mort Chaâbani.

Bencherif avait conduit colonel Chaâbani, condamné à mort, dans l’endroit où il a été exécuté puis enterré dans des circonstances ambiguës.

Bencherif n’a à aucun moment caché sa haine à l’encontre du colonel Mohamed Chaâbani.

Chadli a avorté le coup d’Etat de Zebiri

Le chef de la II Région militaire, Chadli Bendjedid a avorté les tentatives de coup d’Etat menées le colonel Tahar Zebiri contre Boumediène en 1967. Face aux troupes dirigées par Zebiri, Chadli a contre-attaqué en envoyant des forces de l’armée.

Si Said Abid a préféré ne s’allier à aucune des parties protagonistes Boumediène-Zebiri, Chadli a en revanche riposté à Zebiri en mettant des forces de l’armée pour mettre en déroute le coup d’Etat de Zebiri.

Après avoir réussi à avorter les tentatives du colonel Zebiri, Chadli Bendjedid a repoussé l’armée française depuis Mers-el-Kébir à Oran. C’est grâce à se succès, qu’il a été promu au grade de colonel.

Un grade qui se limitait après l’indépendance à Houari Boumediène, Mohamed Chaâbani, Abdallah Belhouichet, Chabou, Abderrahmane Bensalem, Abbas et Zebiri et enfin Chadli Bendjedid.

Bouteflika a demandé en 1976 la création de poste de vice-président

Après la dégradation de l’état de santé de Houari Boumediène, transféré à Moscou pour des soins, ce dernier a nommé Chadli à la tête de tous les corps de sécurité du pays (services secrets, armée, Gendarmerie nationale, police), grâce à sa confiance dans la personne de Chadli.

C’était le directeur des services des renseignements, Kasdi Merbah qui a appris de Boumediène de nommer Chadli à la tête de l’ensemble de ces corps.

En dépit, des différends notamment sur le plan économique entre Boumediène et Chadli, mais ils convergeaient dans d’autres visions.

Parmis les points de divergence entre les deux hommes, le dossier de la révolution agricole, qui du point de vue de Chadli, n’apporte rien et il est plutôt préférable de procéder à des réformes agraires globales.

Acours de l’année 1976, le colonel Houari Boumediène a procédé à la révision de la charte nationale. L’occasion qu’a saisie son ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Bouteflika pour créer le poste de vice-président.

Comme Boumediène n’a pas été convaincu de l’idée proposée par Bouteflika, il a décidé de l’annuler carrément.

Kasdi Merbah a nommé Chadli président de la République

Avant la mort du deuxième président de la République algérienne, plusieurs hommes au pouvoir s’étaient disputés du poste de successeur de Boumediène, à savoir Mohamed Salah Yahiaoui, Abdelghani Benahmed, Abdesslam Belaid (ministre de l’Industrie et de l’Energie) et Abdelaziz Bouteflika (ministre des Affaires étrangères).

Lors d’une réunion tenue par les officiers de l’ALN au siège de l’Ecole militaire polytechnique (EMP) de Bordj El Bahri, dirigée par Larbi Belkheir, Kasdi Merbah est intervenu avec fermeté, annonçant textuellement qu’il n’y a que deux candidats à succéder à Boumediène, qui ce sont bien bel et bien « Chadli » et « Bendjedid », et mettra ainsi un terme à la rude dispute.

Après sa nomination en 8 mars 1979, Chadli a installé son gouvernement en confiant la mission de gérer ses affaires à Mohamed Abdelghani Benahmed jusqu’au 22 janvier 1984, date à laquelle il a été remplacé par Abdelhamid Ibrahimi.

Chadli: c’était moi qui ai dissous le Parlement !

En estimant qu’il est bénéfique d’abdiquer et de quitter le pouvoir, Chadli a anticipé son départ en décidant de signer le décret présidentiel portant la dissolution du Parlement que présidait Abdelaziz Belkhadem.

Le 4 janvier 1992, le décret présidentiel portant la dissolution du Parlement a été publié et Chadli démissionne de son poste.

Il a ensuite dit ne pas vouloir remettre le pouvoir au président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Abdelaziz Belkhadem, car l’armée ne lui fait pas confiance.

à suivre…