Extincteur obligatoire : la Gendarmerie nationale gèle officiellement les amendes

La Gendarmerie nationale a tranché. Dans un communiqué publié ce jeudi le 1er octobre, elle annonce que ses unités ne dresseront plus, pour l’instant, de procès-verbaux aux conducteurs circulant sans extincteur à bord. Cette suspension court jusqu’au moment où des appareils répondant aux normes techniques exigées seront réellement proposés sur le marché national. L’annonce vient valider les informations publiées voici deux jours par notre rédaction, sur la base d’une source du quotidien El-Khabar.
La GN reporte les procès
Le texte officiel est limpide : les contraventions prévues par la loi n° 26-09 relative à la circulation routière concernant cet équipement sont différées. Aucun conducteur ne sera donc sanctionné tant que l’offre commerciale demeurera défaillante. Les services concernés parlent bien d’un report, et non d’une abrogation.
Cette nuance mérite d’être soulignée. L’obligation légale subsiste intégralement dans les textes et reprendra ses effets dès que les commerces pourront fournir des modèles homologués. Les gendarmes invitent d’ailleurs les propriétaires de véhicules à s’équiper sans tarder une fois les stocks reconstitués.
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Dans son message, la Gendarmerie rappelle la raison d’être de cette exigence. L’appareil constitue un moyen de prévention de première ligne, capable de limiter les dégâts lorsqu’un départ de feu survient sous le capot ou dans l’habitacle. Les incendies de véhicules figurent parmi les sinistres les plus fréquents sur le réseau routier algérien.
Pourquoi la loi est temporairement inapplicable ?
L’origine de ce blocage remonte à l’entrée en application des nouvelles dispositions du code de la route, publiées au Journal officiel au printemps. Le texte réaffirmait l’obligation d’embarquer trois accessoires de sécurité : l’extincteur, le triangle de présignalisation et le gilet rétro-réfléchissant. Le manquement relève d’une infraction de deuxième classe, facturée 4 000 dinars.
La suite est connue. Une ruée massive vers les magasins spécialisés a asséché les rayons en quelques jours, et les tarifs se sont envolés dans des proportions absurdes. Dans certaines wilayas, le prix d’un extincteur a grimpé jusqu’à 12 000 dinars, soit le triple de la sanction qu’il servait à éviter.
Les contrôles routiers, intensifiés à la rentrée, avaient fini par créer un sentiment d’injustice. Des automobilistes se voyaient verbalisés pour un objet qu’ils cherchaient depuis plusieurs semaines sans succès. La question avait même atteint l’hémicycle : un député avait interpellé le ministre de l’Intérieur afin d’obtenir le gel des amendes. Il avait estimé qu’aucune règle ne peut être réprimée quand son respect devient matériellement impossible.
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