Les États membres de l’Union Européenne durcissent progressivement leur politique migratoire. Selon les dernières données publiées par Eurostat, le nombre d’expulsions d’étrangers en situation irrégulière a fortement augmenté en 2025, avec une hausse notable des renvois vers l’Algérie. Ces chiffres confirment une tendance lourde : l’Europe accélère les procédures de retour, sous la pression des débats politiques et sécuritaires.
Augmentation des expulsions en 2025
Au troisième trimestre de 2025, les pays de l’Union Européenne ont expulsé près de 42 000 étrangers sans titre de séjour, contre 35 000 sur la même période en 2024. Cela représente une augmentation de 19 %, selon Eurostat. Cette progression reflète un durcissement des contrôles migratoires et une meilleure coordination entre les États membres en matière de retours.
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Les statistiques montrent également que 82 % des expulsions ont été effectuées vers des pays situés hors de l’Union Européenne, tandis que 18 % concernaient des transferts vers d’autres États membres. Cette répartition confirme que la priorité reste le renvoi vers les pays d’origine.
L’Allemagne et la France : principaux pays expulseurs
Parmi les pays européens les plus actifs en matière d’expulsions, l’Allemagne arrive largement en tête. Au troisième trimestre de 2025, près de 12 000 étrangers ont été expulsés du territoire allemand, soit trois fois plus qu’à la même période en 2024. Cette hausse spectaculaire s’inscrit dans la nouvelle ligne politique de Berlin, qui met l’accent sur la fermeté migratoire.
La France occupe la deuxième position avec environ 4 800 expulsions, suivie de Chypre (3 000) et de la Belgique (1 210). Ce dernier pays a presque doublé le nombre de renvois par rapport à l’année précédente, signe d’un changement de stratégie assumé par les autorités belges.
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Focus sur les expulsions des Algériens
Les données d’Eurostat révèlent un chiffre marquant : les Algériens arrivent en tête des nationalités les plus expulsées hors de l’Union Européenne au troisième trimestre de 2025. Au total, 12 325 Algériens ont été renvoyés vers leur pays d’origine sur cette période.
Ils sont suivis par les Marocains (6 670 expulsions) et les ressortissants turcs (6 350). Cette situation place la diaspora algérienne au cœur des enjeux migratoires entre l’Europe et l’Afrique du Nord, notamment en France, en Belgique et en Allemagne.
Autre élément préoccupant : une part importante des expulsions a été réalisée sous contrainte. Environ 40 % des retours ont été classés comme forcés, c’est-à-dire exécutés sans le consentement des personnes concernées.
L’Italie affiche le taux le plus élevé, avec 100 % d’expulsions forcées, suivie du Danemark (91 %), de la Roumanie (82 %) et de la Bulgarie (80 %). Ces chiffres illustrent la fermeté croissante de certains États européens, au détriment parfois des considérations humaines et sociales.
Ces statistiques confirment une réalité de plus en plus visible : les Algériens en situation irrégulière font face à une pression accrue en Europe. Entre refus de régularisation, OQTF et expulsions accélérées, la marge de manœuvre se réduit, tandis que les retours contraints deviennent plus fréquents.
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