Dans une optique de diversification économique et de promotion des exportations hors hydrocarbures, le ministère de l’Agriculture lance une offensive stratégique pour moderniser la filière phénicicole. Entre mécanisation, soutien logistique et labellisation, l’Algérie entend capitaliser sur son rang de troisième producteur arabe.
La datte algérienne, fleuron du patrimoine agricole national, s’apprête à franchir un nouveau cap. Le ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et de la Pêche, Yacine Oualid, a dévoilé une série de mesures d’urgence à court et moyen termes visant à structurer la filière et à lever les obstacles qui freinent son expansion internationale.
Comment l’Algérie modernise sa filière dattes pour produire plus et mieux ?
Lors d’une rencontre nationale regroupant les acteurs clés du secteur — chambres d’agriculture, coopératives, exportateurs et chercheurs — le ministre a mis l’accent sur la santé végétale. La lutte contre les parasites devient une priorité absolue.
Pour accroître la productivité, l’accent est mis sur la mécanisation. Un inventaire précis des besoins a été lancé, avec une orientation claire : favoriser la production locale de machines agricoles ou, à défaut, faciliter leur importation via la société Agrodrive.
Exportation dattes : l’importance de la certification pour conquérir les marchés étrangers
L’une des annonces phares de ce plan est la création imminente d’un laboratoire spécialisé dans l’analyse, le marquage et la certification des produits agricoles. Fruit d’un partenariat entre la Chambre Nationale d’Agriculture et l’Institut National de la Recherche Agronomique , cette structure est perçue comme le maillon indispensable pour garantir la conformité des dattes algériennes aux standards internationaux et faciliter leur accès aux marchés mondiaux.
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« L’organisation des professionnels en coopératives est essentielle pour dynamiser la commercialisation locale et booster nos parts de marché à l’étranger », a souligné Yacine Oualid.
Crédits, électricité et forages : ce qui change concrètement pour les agriculteurs
Conscient des réalités du terrain, le ministère s’engage à améliorer l’infrastructure de base dans les zones de production :
- Energie : Raccordement électrique des exploitations et promotion de l’énergie solaire.
- Accès : Ouverture de pistes agricoles et aide au forage de puits.
- Chaîne de froid : Facilitation de l’accès aux crédits pour le stockage frigorifique, y compris pour les agriculteurs ne possédant pas de titres de propriété formels.
- Exportation : Simplification des procédures bancaires et administratives, et mise à disposition de conteneurs de grande capacité
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Au-delà du pétrole : la datte, nouveau moteur de l’économie algérienne
Avec un patrimoine de près de 19 millions de palmiers et une production annuelle atteignant 1,3 million de tonnes, l’Algérie se hisse à la troisième place du monde arabe. Au-delà de la consommation brute, le gouvernement mise désormais sur la transformation industrielle.
Des zones industrielles dédiées, supervisées par l’Agence Nationale de Promotion de l’Investissement (AAPI), devraient prochainement voir le jour pour valoriser les centaines de variétés de dattes que compte le pays.
Qualité supérieure, saveur unique et savoir-faire ancestral : la datte algérienne dispose de tous les atouts pour devenir le fer de lance de l’économie après-pétrole. Ce plan d’action semble être le signal fort attendu par les professionnels pour transformer ce potentiel en une réussite commerciale planétaire.
