Exportations de gaz : l’Algérie réajuste sa stratégie vers l’Europe

Exportations de gaz : l’Algérie réajuste sa stratégie vers l’Europe
Exportation de gaz Algérie – Italie

À travers le marché italien, principale porte d’entrée du gaz algérien vers l’Europe, Alger ajuste progressivement sa stratégie d’exportation.

L’année 2025 marque une phase de rééquilibrage mesurée, caractérisée par un léger recul des livraisons par pipeline et une montée en puissance notable du gaz naturel liquéfié (GNL), sans remise en cause du rôle central des infrastructures existantes.

Gaz algérien vers l’Europe : le pipeline Transmed reste dominant malgré un léger recul

Selon les estimations publiées par l’agence italienne Nova, l’Italie a importé environ 20,1 milliards de mètres cubes de gaz algérien via le pipeline Transmed en 2025. Ce volume s’inscrit en baisse par rapport à 2024 (21,1 milliards de m³) et 2023 (23 milliards de m³), traduisant un recul modéré des flux acheminés par voie terrestre.

En proportion, le gaz algérien transporté par pipeline a représenté environ 31 % des importations italiennes de gaz en 2025, contre 34 % l’année précédente et 36 % en 2023. Malgré cette évolution, Transmed demeure un axe structurant du dispositif énergétique européen, assurant près d’un tiers des besoins gaziers de l’Italie.

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À titre de comparaison, les approvisionnements en provenance de Libye sont restés marginaux, avec moins d’un milliard de mètres cubes livrés sur la même période, soit moins de 2 % des importations italiennes.

Le GNL algérien gagne du terrain sur le marché européen via l’Italie

Parallèlement au recul limité du pipeline, les exportations algériennes de gaz naturel liquéfié ont enregistré une progression marquée. En 2025, 47 cargaisons de GNL algérien ont été déchargées dans les ports italiens, contre 31 en 2024, soit une augmentation de plus de 50 % en un an.

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Ces livraisons ont représenté environ 21 % des importations totales de GNL de l’Italie, sur un total de 221 cargaisons reçues de différentes origines. En 2024, la part algérienne s’élevait à 20,7 %, avec 31 cargaisons sur 150.

Cette dynamique confirme l’importance croissante du GNL algérien dans l’approvisionnement européen, l’Italie jouant un rôle de hub méditerranéen capable de redistribuer les flux au-delà de son propre marché.

Un rééquilibrage assumé entre flexibilité maritime et stabilité des pipelines

Selon des sources industrielles citées par l’agence italienne Nova, cette évolution ne traduit pas un désengagement de l’Algérie du marché italien ou européen. Elle s’inscrit plutôt dans une logique de réajustement stratégique, combinant la stabilité des contrats par pipeline et la souplesse offerte par le GNL.

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Le gaz naturel liquéfié permet en effet à l’Algérie :

  • D’adapter ses destinations en fonction des prix,
  • De répondre plus rapidement aux tensions du marché,
  • De renforcer sa présence sur plusieurs marchés européens.

L’Italie demeure ainsi l’un des débouchés prioritaires du gaz algérien, tout en servant de point d’accès élargi vers l’Europe.

Algérie – Italie : partenariats énergétiques et perspectives à long terme

Au-delà des flux gaziers, la relation énergétique entre l’Algérie et l’Italie s’est renforcée au cours de l’année écoulée. Le partenariat entre Sonatrach et Eni a été consolidé, notamment dans le bassin de Berkine, avec la signature d’un accord de partage de production d’un montant de 1,35 milliard de dollars.

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Par ailleurs, des projets structurants liés à la transition énergétique avancent, à l’image du mémorandum South H2, auquel participe la société italienne Snam. Ce projet vise à relier l’Algérie à l’Europe via l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, positionnant le pays comme un acteur clé des futurs corridors énergétiques européens.