Exportations d’ammoniac : l’Algérie détrône les USA et prend la tête de ce marché européen

L’ammoniac algérien accélère son retour sur le marché européen. En juillet, l’Algérie s’est hissée au premier rang des fournisseurs de la Norvège avec 25 000 tonnes exportées, soit près de la moitié des volumes importés par le pays durant le mois.
Derrière cette performance commerciale se joue toutefois un enjeu plus large, maintenir cette position à mesure que l’Europe durcit ses règles environnementales.
Ammoniac algérien : 25 000 tonnes exportées vers la Norvège en juillet
Les chiffres communiqués par les services douaniers norvégiens placent l’Algérie devant les autres fournisseurs du marché norvégien de l’ammoniac en juillet. Sur un total de 53 000 tonnes importées durant le mois, 25 000 tonnes provenaient d’Algérie.
Les Etats-Unis arrivent juste derrière, avec 23 000 tonnes exportées vers la Norvège. Les deux fournisseurs représentent ainsi l’essentiel des importations norvégiennes enregistrées sur la période.
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Les douanes norvégiennes expliquent cette progression par une « hausse importante durant le mois de juillet dernier grâce à la reprise des exportations algériennes ».
Cette reprise permet à l’Algérie de renforcer sa présence sur un marché européen où elle occupe déjà une place importante. Selon les données citées par la source, le pays détient près de 30 % des parts du marché européen de l’ammoniac, avec environ 800 000 tonnes expédiées vers le Vieux Continent durant le premier semestre de l’année.
Ammoniac : le marché européen se prépare à une nouvelle donne
La progression des exportations intervient alors que l’industrie de l’ammoniac doit composer avec le durcissement des politiques européennes sur les émissions de carbone.
L’ammoniac figure parmi les produits concernés par le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne. Cette évolution peut peser sur la compétitivité des producteurs qui ne réduisent pas suffisamment les émissions liées à leur production.
Pour l’Algérie, l’enjeu dépasse donc les volumes exportés à court terme. Le maintien de ses parts de marché européennes dépendra aussi de sa capacité à adapter progressivement sa filière aux nouvelles exigences environnementales.
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Le groupe Sonatrach travaille déjà sur cette transition à travers plusieurs axes :
- la réduction des émissions dans l’amont gazier, qui alimente notamment la production d’ammoniac gris ;
- Le développement de l’hydrogène vert ;
- La préparation de nouvelles capacités de production d’ammoniac vert ;
- La recherche de débouchés européens pour ces produits décarbonés.
Cette évolution pourrait permettre à l’Algérie de conserver un accès privilégié au marché européen tout en diversifiant son offre.
Sonatrach mise sur l’ammoniac vert avec son partenaire allemand VNG
La transition vers une production moins carbonée a déjà franchi une première étape concrète. Sonatrach a lancé un projet pilote consacré à l’ammoniac vert avec l’entreprise allemande VNG.
Selon les informations fournies, ce projet devrait entrer en phase de production en 2027. Il constitue l’un des premiers éléments de la stratégie algérienne visant à développer une filière associant hydrogène vert et production d’ammoniac.
L’hydrogène constitue en effet une composante essentielle de la fabrication de l’ammoniac vert. Son développement représente donc un préalable à l’augmentation des capacités de production de ce type de produit.
Hydrogène vert : l’Algérie prépare de nouvelles capacités
L’Algérie avance également sur les infrastructures énergétiques nécessaires à cette transition. Le programme présenté dans la source prévoit notamment la réception de 3 000 MW d’énergie solaire durant l’année, ainsi que la préparation du lancement de 1 000 MW d’énergie éolienne.
Les autorités travaillent par ailleurs à l’identification de sites susceptibles d’accueillir, à terme, des unités de production d’hydrogène vert à grande échelle.
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Pour l’Algérie, cette montée en puissance des énergies renouvelables doit accompagner l’évolution de son offre destinée au marché européen. La proximité géographique avec l’Europe constitue également un atout pour les échanges futurs, notamment dans la perspective d’un marché où les coûts liés au transport et à l’empreinte carbone pèseront davantage dans les choix des fournisseurs.
La performance réalisée en Norvège en juillet illustre ainsi la place actuelle de l’Algérie dans le commerce européen de l’ammoniac. La prochaine étape consistera à transformer cette présence sur le marché de l’ammoniac traditionnel en avantage pour les produits à plus faible intensité carbone.








