EXPERTISE DES SERVICES TECHNIQUES À AZAZGA Des dizaines d’habitations classées «rouge»

EXPERTISE DES SERVICES TECHNIQUES À AZAZGA Des dizaines d’habitations classées «rouge»

Au lendemain du grave glissement de terrain à Azazga, les services techniques ont expertisé 118 habitations dont 40 classées «rouge

P120329-18.jpgLe phénomène du glissement de terrain qu’a connu Azazga, n’est pas nouveau. «Lorsqu’on a vu l’historique de la région d’Azazga, durant les 60 dernières années, cette dernière a été identifiée comme telle en 1954, ensuite en 1958, en 1971 et également en 1991», a rappelé le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Noureddine Moussa, hier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale. «Les pouvoirs publics ont depuis les années 1999, interdit la délivrance de permis de construire spécifiquement dans cette région», a-t-il ajouté. Abordant la nature du glissement qui a frappé toute une partie de la ville d’Azazga, le ministre a soutenu qu’avant que c’est cette région ne soit urbanisée, il n’y a pas eu de construction dans ce périmètre.

«Techniquement ce qui accentue ces glissements ce sont les formations géologiques. Pour les prévenir, il faut absolument canaliser l’eau en amont parce que c’est cette eau qui crée des désordres», a-t-il fait savoir. Le ministre s’est rendu à Azazga, avec une équipe d’experts du CTC, ceux du CGS.

Le ministre a reconnu qu’on ne peut rien faire contre la nature. «Il s’agit d’ un phénomène naturel sur lequel il ne faut pas avoir une attitude de panique parce que c’est justement là qu’il faut travailler avec méthode et utiliser les moyens scientifiques», a-t-il dit.

S’agissant des habitations, le CTC a fait savoir que «118 habitations ont été expertisées et 40 d’entre elles ont été classées dans la catégorie « rouge », c’est-à-dire des constructions inhabitables et des mesures ont été prises par les autorités locales». Pour M.Moussa, l’essentiel a été fait, c’est-à-dire, continuer l’étude géotechnique d’urbanisation et de poursuivre l’étude de microzonation pour définir exactement le périmètre inconstructible à Azazga et en dehors d’Azazga. «Des directives précises pour faire respecter les normes de construction et les instruments de l’urbanisme ont été données sur place», a indiqué le ministre rappelant que les instruments d’urbanisme depuis 2003 sont clairs et rigoureux.

«La loi 90-29 relative a l’aménagement et à l’urbanisme a été modifiée à la faveur du séisme de 2003, donc en août 2004. La loi impose aux collectivités locales et aux organes techniques au niveau des willayas en charge de la mission technique d’élaborer des Pdau», a-t-il indiqué.

Le ministre de l’Habitat a, par ailleurs, indiqué que les mêmes mesures ont été prises pour toutes les localités qui ont connu de pareils glissements.

Noureddine Moussa n’a pas été le seul ministre à se rendre sur place. Amar Ghoul, ministre des Travaux publics a fait le déplacement la semaine dernière sur les lieux du glissement. M.Ghoul a donné son accord de principe quant à la réalisation de nouvelles routes qui permettront l’évitement de la zone touchée par une coulée boueuse lors des dernières intempéries.

Le ministre a instruit ses services en vue de procéder à la réhabilitation des routes endommagées par ce phénomène naturel, comme une première mesure d’urgence. Inscrit dans le cadre du plan d’action de 2012, le projet de la réalisation de la pénétrante reliant la wilaya de Tizi Ouzou à l’autoroute Est-Ouest sera entamé cet été, a insisté le ministre.

Pour rappel, la partie Nord de la ville d’Azazga, à 30 km du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou, a été touchée par un grave glissement de terrain dans la nuit du 11 mars dernier, coupant des routes, endommageant des infrastructures et des habitations mais sans toutefois faire de victimes. Routes défoncées, habitations menaçant de s’écrouler.

La commune d’Azazga a été victime une autre fois d’un glissement de terrain après ceux qu’elle a connus en 1953, 1973 et 1985. Les dégâts s’étalent sur une zone d’environ 250 hectares et s’élèvent à quelque 4,7 milliards de dinars selon les pouvoirs publics.