Évolution du marché pétrolier en 2018 : Les banques américaines optimistes

Évolution du marché pétrolier en 2018 : Les banques américaines optimistes

Goldman Sachs, Morgan Stanley et JPMorgan Chase & Co tablent sur des cours pétroliers évoluant entre 75 et 82 dollars le baril en 2018, quand bien même la production américaine signe un record inégalé depuis 1970.

Les cours du brut dépasseront 80 dollars le baril, prévoit Goldman Sachs Group qui vient d’augmenter de 33% ses prévisions quant à l’évolution des prix du pétrole brut à court terme, lit-on dans un rapport prévisionnel diffusé par la banque. Plus explicite sur l’évolution des prix à très court terme, Goldman Sachs estime que le Brent atteindra 75 dollars le baril au cours des trois prochains mois et grimpera à 82,50 dollars en moyenne sur les six prochains mois. Les estimations précédentes pour les deux périodes étaient de 62 dollars le baril, à en croire les analystes de la banque. «Le rééquilibrage du marché pétrolier a probablement été réalisé, six mois plus tôt que prévu», ont écrit les analystes de Goldman Sachs. «La baisse des stocks excédentaires a été accélérée à la fin de 2017 en raison de la forte croissance de la demande, de la forte conformité avec les accords de l’Opep, de la maintenance lourde et de l’effondrement de la production au Venezuela », lit-on dans le rapport en question qui semble ainsi rompre avec les projections pessimistes quant à l’impact de la production américaine sur le marché. Goldman Sachs se joint ainsi à d’autres banques de Wall Street, dont Morgan Stanley et JPMorgan Chase & Co, qui se sont déclarées plutôt optimistes quant à l’évolution du marché pétrolier sur le court terme. Ces banques bâtissent leurs pronostics sur le retour de la croissance économique et la baisse de la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ayant contribué à la hausse des prix. Morgan Stanley, faut-il le rappeler, a récemment tablé sur un Brent à 75 dollars le baril en moyenne cette année, tandis que JPMorgan a indiqué que la référence européenne pourrait atteindre 78 dollars en 2018, alors que les marchés pétroliers se resserrent plus rapidement que prévu. Les perspectives haussières de Goldman Sachs sont elles aussi fondées sur une demande mondiale de pétrole revue à la hausse, reflétant une croissance économique plus forte dans les marchés émergents. La banque estime par ailleurs que la hausse de l’offre américaine de schiste sera nécessaire pour maintenir le marché stable à court terme, étant donné que toute volonté de faire repartir à nouveau l’offre de l’Opep pourrait être entravée par les mesures de rééquilibrage. Dit autrement, les prévisionnistes de la banque croient que l’offre américaine pourrait parer à une éventuelle panne qui affecterait l’offre de l’Opep, mise à rude épreuve par les coupes de production. Interprétant le comportement des investisseurs sur le marché, les analystes de Goldman Sachs estiment que les paris haussiers records sur le marché pétrolier ne sont «pas vraiment élevés dans le contexte d’une allocation de portefeuille plus large». Ils prévoient que le pétrole rapportera 24% aux investisseurs au cours des six prochains mois. De quoi rassurer les investisseurs pris dans une tornade de mises en garde quant à la hausse des paris. Sur le moyen terme, les analystes de Goldman Sachs semblent modérer leurs ardeurs, puisqu’ils tablent sur une nouvelle rechute des cours à environ 60 dollars le baril d’ici 2020. Cette prévision est basée sur un essor fulgurant du schiste aux Etats-Unis, sur un effet retour de manivelle à la fin des coupes pétrolières de l’Opep ainsi que sur une production non-Opep plus élevée. Pour ainsi dire, les banques américaines semblent garder la tête froide dans un contexte de hausse fulgurante de la production américaine des hydrocarbures de schiste. La production de brut aux Etats-Unis est repassée en novembre au-dessus de la barre des 10 millions de barils par jour pour, une première depuis 1970. Les observateurs n’ont cessé de mettre en garde contre l’effet contre-productif de cette progression. Elle fait dire à nombre d’analystes leur appréhension quant à une rechute des cours qui pourrait affecter davantage l’investissement.

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