Essais nucléaires français : l’Algérie entame le nettoyage d’un site contaminé au Sahara

Essais nucléaires français : l’Algérie entame le nettoyage d’un site contaminé au Sahara
Nettoyage des dechets nucléaires Algérie

À l’occasion du 66e anniversaire des essais nucléaires français en Algérie, les autorités algériennes ont lancé une première opération de dépollution partielle sur l’un des sites les plus marquants de cette période. Selon un documentaire produit par la Direction de l’information et de la communication du ministère de la Défense nationale, l’opération a été engagée dans la région d’In Ekker, dans la wilaya de Tamanrasset, précisément sur le site de Taourirt Tan Afella.

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Présentée comme une initiative inédite, cette action vise à réduire une partie de la contamination radioactive laissée par les explosions nucléaires réalisées par la France coloniale au début des années 1960.

Le documentaire, intitulé « Des Algériens au cœur des défis », affirme que cette démarche repose sur des compétences nationales, des experts algériens et des équipements locaux, après plusieurs décennies d’études, de planification et de coordination entre divers secteurs ministériels.

Début d’une opération de dépollution à In Ekker : l’Algérie affronte l’héritage des essais nucléaires français

Cette opération cible le site de l’explosion nucléaire souterraine appelée « Béryl », que beaucoup considèrent comme l’une des plus dangereuses de l’époque. D’après les informations rapportées, l’essai aurait été classé comme un échec majeur, entraînant des fissures dans la zone d’expérimentation, une fuite de gaz et la formation d’un nuage radioactif.

La puissance de l’explosion aurait atteint l’équivalent de 150 000 tonnes de TNT, provoquant une pollution durable de l’environnement et des dégâts importants sur l’écosystème local. Le documentaire évoque notamment la persistance de radiations liées au césium-137 et au plutonium.

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Dans le cadre de cette opération, les autorités ont installé un camp de dépollution partielle, le premier du genre sur ce site. Les équipes mobilisées y collectent les déchets contaminés, ensuite placés dans des conteneurs en béton prévus à cet effet, dans le respect de règles strictes de sécurité.

Première opération algérienne sur un site nucléaire à Tamanrasset

Cependant, la tâche reste complexe. Le documentaire souligne que l’absence de cartes et d’archives françaises complique l’identification précise des zones radioactives, notamment dans le sud algérien. Malgré ces obstacles, les autorités présentent cette initiative comme une première étape vers la réhabilitation complète des sites contaminés.

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Le documentaire rappelle également que les essais nucléaires français ont commencé le 13 février 1960 à Reggane, avec l’opération appelée « Gerboise bleue », suivie par d’autres explosions baptisées « Gerboise blanche », « rouge » et « verte ». Plusieurs spécialistes interrogés estiment que ces essais constituent un crime historique ayant visé à la fois l’être humain et l’environnement, dont les conséquences continuent d’affecter la région.

À travers cette opération, l’Algérie semble vouloir affirmer sa volonté de traiter un dossier sensible et douloureux, tout en lançant un message symbolique : celui d’un pays déterminé à affronter l’héritage toxique du passé colonial.