Urgent
France

Essais nucléaires français en Algérie : ce que Paris affirme avoir transmis à Alger

Essais nucléaires français en Algérie : ce que Paris affirme avoir transmis à Alger
Des décennies après les essais nucléaires français dans le Sahara algérien, la question des déchets radioactifs reste sensible. Interpellée par Sabrina Sebaihi, Paris affirme avoir transmis à Alger les données en sa possession sur les sites contaminés.
Suivre Algérie 360° sur Google Actualités

Alors que les séquelles environnementales et sanitaires de la colonisation continuent de peser sur le Sahara, la restitution des cartes des déchets et des zones contaminées réactive les débats entre Alger et Paris. Face aux interrogations répétées de Sabrina Sebaihi, la ministère français des Armées tente de justifier sa gestion d’un dossier historique lourd.

L’initiative provient de la députée écologiste Sabrina Sebaihi, qui a directement saisi la ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants.

De 1960 à 1967, le Sahara algérien — précisément à Reggane et In Ekker — a été le théâtre de 17 essais nucléaires français, dont 13 souterrains et 4 atmosphériques. C’est en faisant exploser ces bombes dans le désert que la France a fait son entrée au rang des puissances atomiques mondiales.

🟢 À LIRE AUSSI : Immigration en France : Bruno Retailleau veut supprimer le droit du sol par référendum

climatiseurs LG Algérie
climatiseurs LG Algérie

Déchets nucléaires en Algérie : Sabrina Sebaihi exige la vérité de Paris

Dans son interpellation adressée à la ministre déléguée Alice Rufo, Sabrina Sebaihi rappelle que les forces françaises ont laissé derrière elles du matériel abandonné et divers déchets enfouis, dont certains présentent une contamination radioactive.

La députée met en avant le cas de la montagne de Taourirt Tan Afella, marquée par l’accident du tir souterrain Béryl le 1ᵉʳ mai 1962. L’explosion, incontrôlée, avait provoqué une grave contamination radioactive touchant à la fois des militaires français, des ministres en visite et les riverains.

Pour mener à bien la dépollution et la sécurisation des sites, rappelle l’élue, Alger exige l’accès aux cartes et plans d’ingénierie détaillant la localisation exacte des déchets enfouis et l’étendue de la contamination.

Face à cette situation, la députée a interpellé directement la ministre déléguée aux Armées : pourquoi la France refuse-t-elle de transmettre ces données cruciales pour la santé publique et l’environnement ? L’élue franco-algérienne a également cherché à savoir si Paris prévoyait de livrer prochainement ces cartographies aux autorités algériennes.

Les précisions de la ministre française des Armées

Dans sa réplique, la ministre déléguée s’est appuyée sur l’histoire officielle, rappelant le démantèlement des infrastructures militaires et la restitution des terrains à l’Algérie, conformément au cadre fixé par les accords d’Évian.

La ministre a également rappelé qu’en 1999, à la demande d’Alger, l’AIEA avait mené une expertise radiologique sur les anciens sites sahariens. À cette occasion, Paris affirme avoir transmis à l’agence internationale un bilan technique complet, incluant la cartographie des essais, les relevés de l’époque (1966-1967) et leurs projections pour 1999.

Selon la ministre, le rapport de l’AIEA a été publié en 2005 avec le feu vert d’Alger après quelques ajustements. Elle rappelle également qu’en 2001, une étude du Parlement français évaluait déjà les impacts sanitaires et environnementaux des essais sahariens, les mettant en perspective avec ceux des autres puissances atomiques.

Poursuivant son argumentation, la ministre rappelle la création en 2008 d’un groupe de travail d’experts franco-algériens. Cette instance avait pour mission centrale d’analyser la réhabilitation des sites sahariens, en plaçant la sécurité des populations et la préservation de l’environnement au cœur de ses priorités.

La ministre a assuré que ce dossier complexe est directement pris en charge au sommet des deux États. Elle a rappelé qu’à l’occasion de sa visite officielle en 2022, Emmanuel Macron avait transmis au président Abdelmadjid Tebboune l’ensemble des cartographies et données en possession de Paris concernant les décharges enfouies et les périmètres contaminés.

🟢 À LIRE AUSSI : Affaire Houris : Kamel Daoud relaxé par la justice française, la plainte de Saâda Arbane rejetée

RA

Rima Aissanou

Rima Aissanou - Journaliste – Diaspora, tourisme et voyages

Rima Aissanou est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les thématiques liées à la diaspora algérienne, au tourisme et aux voyages.

Voir tous les articles de Rima Aissanou →

À lire aussi

La une du jour

Extra contenu