Essais nucléaires en Algérie : 20 organisations internationales interpellent la France

Essais nucléaires en Algérie : 20 organisations internationales interpellent la France
Une coalition internationale demande à la France d’assumer les lourdes conséquences de ses 57 tirs atomiques menés entre 1960 et 1966.

Soixante-cinq ans après le premier essai nucléaire français au Sahara, une coalition internationale demande à la France d’assumer les lourdes conséquences de ses 57 tirs atomiques menés entre 1960 et 1966.

Ces organisations appellent Paris à faire face aux impacts sanitaires, environnementaux et mémoriels de ces essais, qui continuent de toucher la population et l’environnement de la région.

Le 13 février 1960, la France fait exploser sa première bombe atomique, nommée « Gerboise Bleue« , sur le site de Reggane au Sahara. Selon les experts, la puissance de cette explosion, estimée entre 60 000 et 70 000 tonnes d’explosifs, était cinq fois plus supérieure à celle de la bombe de Hiroshima au Japon. Ce premier essai a causé un désastre humain, naturel et environnemental dont les conséquences se font encore sentir.

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Entre 1960 et 1966, la France coloniale a mené 57 essais nucléaires en plus de Gerboise Bleue. Ces tests comprenaient : 4 explosions atmosphériques à Reggane, 13 explosions souterraines à In Ecker, 35 explosions supplémentaires à Hammoudia et 5 essais de plutonium à In Ecker, dans un rayon de 30 kilomètres de la montagne où ont eu lieu les explosions souterraines.

Soixante-cinq ans plus tard, les populations locales continuent de subir les conséquences dévastatrices de ces explosions nucléaires. Chaque année, les registres médicaux font état de nombreux cas de cancer, de malformations génitales, de handicaps, de stérilité et de troubles psychologiques chroniques.

20 organisations interpellent la France sur les essais nucléaires en Algérie

Le 29 août dernier, à l’occasion de la Journée internationale contre les essais nucléaires, vingt organisations internationales ont lancé un appel pressant à Paris. Ces organisations, dont la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires « ICAN », exigent que la France prenne quatre mesures concrètes, à savoir :

  • Reconnaître officiellement les crimes commis lors de ces essais ;
  • Publier l’intégralité des archives liées aux essais nucléaires ;
  • Dépolluer les sites contaminés dans le Sahara ;
  • Ratifier le Traité d’interdiction des armes nucléaires.

En effet, ces appels visent à obtenir justice pour les victimes et à réparer les dommages causés par les essais nucléaires français en Algérie.

Cette nouvelle initiative internationale est lancée après l’échec d’une précédente tentative en septembre 2024, lorsque les rapporteurs de l’ONU avaient déjà interpellé la France, en vain. La société civile mondiale intensifie donc la pression pour obliger Paris à affronter son passé nucléaire, un sujet longtemps resté tabou.

Par ailleurs, les organisations sanitaires dénoncent une injustice flagrante : depuis 2010, seules deux victimes algériennes ont été indemnisées, contre 400 Polynésiens. Cette disparité est jugée inacceptable et met en lumière un traitement discriminatoire qui constitue une grave injustice mémorielle pour les victimes algériennes.

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