Payer plus pour attendre moins : le Département d’État américain lance un nouveau service payant à 750 dollars pour permettre aux touristes et professionnels de sauter la file d’attente des entretiens de visa. Un privilège coûteux qui accélère le calendrier, mais qui ne garantit en aucun cas l’obtention du précieux document.
Depuis sa réélection en 2025, l’administration de Donald Trump intensifie les mesures visant les touristes étrangers. Pas plus tard qu’en mai dernier, les parlementaires républicains ont greffé 22 nouvelles taxes migratoires à la loi phare de sa présidence, le « One, Big, Beautiful Bill Act », affichant une volonté claire : encourager un comportement légal chez les ressortissants étrangers visitant les États-Unis.
L’une des initiatives les plus contestées concerne la taxe d’intégrité des visas de 250 dollars. Bien qu’elle doive entrer en vigueur en 2026, sa mise en œuvre est pour l’instant gelée en raison de la forte opposition des acteurs de l’industrie touristique aux États-Unis.
Un service à 750 dollars pour échapper aux files d’attente pour les visas
Cette mesure sera d’abord testée dans le cadre d’un programme pilote de six mois. Un avis publié mardi dans le Federal Register, le journal officiel américain, précise que cette option à 750 dollars s’appliquera aux demandes de « rendez-vous d’entretien accéléré pour un visa de non-immigrant (NIV) B1/B2, d’affaires et de tourisme ».
Ce service s’affiche comme une « option premium », venant gonfler la note en s’ajoutant aux frais de demande standard déjà fixés à 185 dollars. De plus, cette formule payante ne sera accessible que « dans certains postes consulaires et en quantités limitées ».
Une fois sélectionné, le créneau prioritaire ne sera bloqué que pendant 5 à 10 minutes. Si le demandeur ne règle pas ces frais non remboursables de 750 dollars dans le temps imparti, « il perdra sa réservation, et le rendez-vous accéléré sera de nouveau accessible à d’autres demandeurs ».
Un programme pilote de six mois
L’attente pour obtenir un entretien de visa peut aujourd’hui s’étendre sur plus de douze mois selon les pays. Une impasse administrative qui, d’après le texte gouvernemental, pénalise les voyageurs pressés. L’administration précise d’ailleurs que les États-Unis accueillent chaque année de grands événements (compétitions sportives professionnelles, concerts d’envergure, festivals) qui génèrent structurellement de nombreux déplacements imprévus.
Selon les prévisions officielles, le Département d’État table sur environ 25 700 demandes par an, une manne financière qui devrait générer 19,3 millions de dollars. Ce programme pilote à 750 dollars débutera dès le 1er juillet pour s’achever le 31 décembre.
Les délais excessifs pour l’obtention des visas font l’objet de plaintes récurrentes de la part du secteur touristique américain. Comme le soulignait Geoff Freeman, le patron de la U.S. Travel Association, ces blocages génèrent des frictions superflues. Selon lui, cette situation pénalise directement l’attractivité et la compétitivité du pays sur le marché du tourisme international.
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