Entrées et sorties de l’espace Schengen : ce qui change pour les voyageurs étrangers

Entrées et sorties de l’espace Schengen : ce qui change pour les voyageurs étrangers
Le nouveau contrôle numérique aux frontières de l’Europe est désormais pleinement opérationnel. En quelques semaines, il a déjà enregistré des millions de passages et des milliers de refus d’entrée.

Près de deux mois après le déploiement complet d’EES (Entry/Exit System), le nouveau dispositif numérique de contrôle des frontières européennes prend ses marques. Depuis le 10 avril dernier, cette base de données centralise les informations des voyageurs hors Union européenne arrivant par voies aérienne, terrestre ou maritime. En France, pas moins de 120 points de passage, notamment les grands aéroports internationaux, sont concernés par cette modernisation qui sera bientôt complétée par l’obligation d’une autorisation préalable de court séjour.

Entré pleinement en vigueur le 10 avril dernier, le dispositif numérique européen EES (Entry/Exit System) automatise le contrôle aux frontières de l’UE. Cette base de données enregistre les données des ressortissants de pays tiers arrivant en avion, voiture, bus ou bateau. Rien qu’en France, ce nouveau protocole est déjà déployé sur 120 sites, incluant les principaux aéroports internationaux.

Déployé progressivement depuis le 12 octobre 2025, ce nouveau dispositif couvre l’ensemble de l’espace Schengen (soit 25 pays) ainsi que quatre États associés : l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. En revanche, l’Irlande et Chypre, bien que membres de l’Union européenne, conservent leurs contrôles traditionnels. Notons également que les ressortissants de Monaco, d’Andorre, de Saint-Marin et du Vatican sont exemptés des formalités d’enregistrement de cette nouvelle « frontière intelligente ».

30 000 refus d’entrée enregistrés

En pratique, le système EES signe la fin du traditionnel tampon sur le passeport lors de l’entrée dans la zone Schengen. Limité aux séjours de courte durée — 90 jours maximum sur une période de 180 jours —, ce dispositif numérique mémorise non seulement l’état civil complet du voyageur et les caractéristiques de son document d’identité, mais aussi les détails précis de son passage (date, heure, lieu et motif). Enfin, la procédure intègre le recueil de données biométriques : une photographie du visage ainsi que les empreintes digitales, dont seuls les enfants de moins de 12 ans sont dispensés.

Le bilan chiffré est déjà impressionnant : plus de 60 millions de passages ont été enregistrés par le système. La Commission européenne se félicite de l’efficacité du dispositif, qui a permis de prononcer 30 000 refus d’entrée et d’identifier près de 800 personnes considérées comme des « menaces pour la sécurité ».

En croisant automatiquement les dates d’entrée et de sortie, cette technologie détecte instantanément les ressortissants étrangers qui dépassent la durée de séjour légale (généralement limitée à trois mois pour un visa touristique).

Des engorgements dans les aéroports

Malgré ces résultats, un rapport de l’UE met en évidence plusieurs difficultés opérationnelles, notamment des incidents techniques, des saturations dans certains aéroports et un déficit d’effectifs dans plusieurs pays. La France est particulièrement touchée par ces perturbations : les signalements restent fréquents concernant des goulets d’étranglement aux zones de contrôle, entraînant des retards prolongés pour les passagers.

Valable trois ans, l’ETIAS permettra d’effectuer autant d’entrées et de sorties que souhaité dans l’espace Schengen, à condition de respecter la règle des 90 jours maximum par période de 180 jours. Par ailleurs, ce nouveau système devrait entrer en vigueur au cours du dernier trimestre 2026. Pour les pays membres, le dispositif comporte un argument financier de taille : l’instauration d’une taxe de 20 euros par demande, qui s’appliquera rapidement à des millions de voyageurs de court séjour.

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