C’est le cauchemar de tout parent. Sara Chelbi, ressortissante algérienne établie aux États-Unis, vit l’enfer depuis deux ans. Son fils Walid, retenu illégalement par son père au Liban, est aujourd’hui introuvable dans un pays ravagé par la guerre. Malgré une victoire totale devant la justice américaine, cette maman se heurte au mur de la diplomatie.
Tout avait commencé comme un rêve américain. Sara, jeune Algérienne, épouse Samer Chammaa aux États-Unis. De leur union naît Walid au Texas, un petit garçon aux yeux pétillants, citoyen américain par le sol, algérien par le sang. Mais le rêve s’est brisé net un jour de juillet 2023. Ce qui devait être de simples vacances familiales à Beyrouth s’est transformé en un guet-apens minutieusement orchestré.
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« Dès que nous avons atterri, son visage a changé », confie Sara, la gorge nouée. Le scénario semble écrit d’avance. À peine arrivés sur le sol libanais, Samer Chammaa, qui venait étrangement d’acquérir la nationalité américaine quelques semaines avant le départ, confisque les passeports de l’enfant. Il annonce la couleur : « Walid ne repartira pas ».
Isolée, privée de ressources et menacée, Sara est contrainte de quitter le Liban seule en août 2023, la mort dans l’âme, après avoir épuisé ses visas. Elle laisse derrière elle un bout d’elle-même, un bébé de deux ans, arraché à ses bras.
Une victoire judiciaire sans appel… mais sans effet
De retour aux États-Unis, Sara transforme sa douleur en combat. Elle saisit la justice texane. Le verdict est cinglant pour le père. Le tribunal du comté de Collin lui accorde la garde exclusive de l’enfant. Aux yeux de la loi américaine, Samer Chammaa est un fugitif. Mais à Beyrouth, il reste intouchable.
Les documents que nous avons pu consulter sont accablants. En effet, dans un arrêt rendu le 12 janvier 2026, la Cour d’appel du Texas (5e district) a rejeté le recours du père, le qualifiant de fugitif qui « défie l’autorité des tribunaux ». La justice américaine reconnaît officiellement le risque d’enlèvement international.
Mais à 10 000 kilomètres de là, ces décisions de justice ne sont que du papier. Le Liban n’étant pas signataire de la Convention de La Haye sur les enlèvements d’enfants. Une faille juridique dans laquelle le père s’est engouffré pour soustraire l’enfant à la justice.

« Tu me manques maman » : Le silence insoutenable
Le plus dur n’est pas la bataille juridique, c’est le silence. Depuis août 2024, Sara n’a plus aucune nouvelle. Le père a coupé les ponts. La dernière image qu’elle garde de son fils est celle d’un appel vidéo déchirant où le petit murmurait : « Tu me manques, maman ».
Pire, la situation sécuritaire au Liban est critique. Walid est localisé dans le quartier de Mosaitbeh à Beyrouth, une zone aujourd’hui sous la menace constante des bombardements.
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« Mon fils est un citoyen américain et algérien. Il est retenu dans une zone de guerre par un homme qui défie la justice. Il n’a que 4 ans. Chaque jour, je me demande s’il est encore en vie », s’alarme Sara.
Le dossier est remonté jusqu’au Congrès américain. Le représentant Pat Fallon a personnellement écrit à l’ambassadrice des USA au Liban, qualifiant Walid de « victime d’enlèvement » et s’inquiétant pour sa sécurité physique immédiate. Malgré l’implication du FBI et du Département d’État américain, les leviers d’action restent limités.

L’appel au secours vers l’Algérie : Sara écrit au Président Tebboune
Face à l’impuissance de l’administration américaine à faire exécuter le jugement sur le sol libanais, Sara Chelbi se tourne aujourd’hui vers sa patrie. Elle lance un appel solennel aux autorités algériennes, et particulièrement au Président de la République et au Ministère des Affaires Étrangères.
Des échanges ont déjà eu lieu avec le Consulat Général d’Algérie à New York, qui a confirmé suivre le dossier et avoir transmis les informations à l’Ambassade d’Algérie à Beyrouth, mais sans aucune suite. Le temps presse, chaque jour passé est un jour de trop pour un enfant de quatre ans, privé de sa mère. Sara Chelbi ne demande qu’une chose, l’application du droit et le retour de son fils sain et sauf.
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L’Algérie, connue pour la force de sa diplomatie et ses liens historiques avec le Liban, représente son dernier espoir. « Je suis une fille de l’Algérie. On m’a volé mon fils. Je demande à mon pays de ne pas m’abandonner. Aidez-moi à ramener Walid à la maison, loin des bombes », implore-t-elle dans sa lettre au Président Tebboune.
L’affaire Walid Chammaa n’est plus seulement un litige familial. C’est l’histoire d’un enfant pris en otage et d’une mère qui, du Texas à Alger, remuera ciel et terre pour le serrer à nouveau dans ses bras.

