Enlèvement à Béjaïa sur fond de trafic de drogue : le récit glaçant d’une jeune fille de 18 ans

Enlèvement à Béjaïa sur fond de trafic de drogue : le récit glaçant d’une jeune fille de 18 ans
Enlèvement d’une jeune fille à Béjaïa

À Béjaïa, le trafic de drogue ne se limite plus à des réseaux discrets et à une consommation marginale. Il s’infiltre dans les quartiers, fragilise le tissu social et expose les plus jeunes à des violences graves.

L’enlèvement d’une jeune fille de 18 ans dans la cité Ighzer Ouzarif, à l’ouest de la ville, a brutalement mis en lumière une réalité que de nombreux habitants dénoncent depuis des mois. Un fait divers lourd de conséquences, qui interroge sur la sécurité dans ces nouvelles zones urbaines en pleine expansion.

Enlèvement d’une jeune fille à Béjaïa : les faits survenus dans la cité Ighzer Ouzarif

Les faits se sont déroulés dans la cité Ighzer Ouzarif, un vaste ensemble urbain composé majoritairement de logements AADL et sociaux. La jeune fille a été enlevée par un groupe impliqué dans le trafic de psychotropes. Parmi les ravisseurs, les services de sécurité ont identifié au moins un mineur.

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Retenue contre sa volonté pendant cinq jours, la victime a subi des violences physiques et sexuelles. Sa libération a été rendue possible grâce à la vigilance des habitants et à l’intervention de la Gendarmerie nationale, alertée après plusieurs signalements concordants. L’action coordonnée a permis de localiser le lieu de séquestration et de mettre fin au calvaire de la jeune fille.

Trafic de drogue à Béjaïa : une insécurité qui touche aussi les mineurs

Ce drame dépasse le cadre d’un fait isolé. À Béjaïa, le trafic de drogue gagne du terrain et implique désormais des profils de plus en plus jeunes, à la fois comme consommateurs et comme acteurs de réseaux illégaux. Cette évolution inquiète les familles et les associations locales, qui observent une banalisation de la violence dans certains quartiers.

Selon des témoins, l’absence de structures de proximité favorise cette dérive. Karim Arkoub, président de l’association Espoir, alerte sur une situation devenue difficile à contenir dans la cité Ighzer Ouzarif, qui compte près de 50.000 habitants. Il évoque un sentiment d’abandon et une insécurité quotidienne qui s’installe progressivement.

Le cri d’un père et l’absence de structures de sécurité

Selon le média Maghrebactu, le père de la victime a exprimé publiquement son désarroi face à ce qu’a vécu sa fille. « Ma fille a été soumise à une pression intense de la part de ses ravisseurs », a-t-il déclaré. Tout en appelant les autorités locales à renforcer la présence sécuritaire dans ce quartier récemment livré.

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La cité Ighzer Ouzarif illustre un problème récurrent dans plusieurs villes algériennes. De grands ensembles résidentiels sortent de terre sans être accompagnés d’infrastructures essentielles. L’absence de postes de police et de brigades de gendarmerie laisse le champ libre à des réseaux criminels qui profitent du vide institutionnel.

Des cités livrées sans équipements, un terrain propice aux dérives

Dans ces quartiers densément peuplés, le manque d’encadrement favorise l’installation de trafics et l’émergence de zones de non-droit. Les habitants pointent plusieurs carences majeures :

  • Absence de postes de sécurité de proximité
  • Insuffisance de l’éclairage public dans certaines zones
  • Manque d’espaces encadrés pour les jeunes
  • Délais dans l’installation des services publics essentiels

Ces failles structurelles fragilisent le quotidien des résidents et compliquent le travail des forces de l’ordre, souvent appelées à intervenir dans l’urgence.

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L’enlèvement à Béjaïa de cette jeune fille a provoqué une onde de choc dans la ville. Sans tirer de conclusions hâtives, cette affaire remet au centre du débat la question de la sécurité dans les nouvelles cités et la lutte contre le trafic de drogue. Elle souligne aussi l’urgence d’une réponse globale, mêlant présence sécuritaire, prévention et aménagement urbain cohérent.