La mouvement de protestation se poursuit et les étudiants ne lacheront apparemment pas prise avant la satisfaction totale de leurs revendications. Le fait de rater les examens ou le spectre d’une année blanche n’inquiète nullement ces milliers d’étudiants mobilisés à travers le pays pour défendre leurs droits. Un autre sit-in a été organisé hier devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique par des étudiants qui paraissent cette fois decidés plus que jamais à faire aboutir leurs revendications .
«Nous sommes là et nous resterons le temps qu’il faudra pour avoir gain de cause», nous diront les étudiants en colère abordés sur place. «Le ministère ne prend pas au sérieux nos doléances et tient des réunions avec des délégués qui ne représentent guère les étudiants. Ce sont des réunions fabriquées que nous, en tant qu’étudiants relevant de la Coordination nationale des étudiants autonomes boycottons», nous diront les représentants de nombreuses écoles supérieures, préparatoires et facultés de différentes wilayas du pays. «Les étudiants qui ont été reçus hier à la présidence ne sont pas nos réels représentants et s’ils disent que le problème a été réglé, sachez que c’est faux. Nous attendons toujours des engagements officiels et écrits et nous ne suspendrons notre grève qu’après que cela arrive», ajoutent-ils.
Il faut noter que la coordination nationale des étudiants autonomes qualifiée par ces derniers d’organisation représentative, a élaboré une nouvelle liste de revendications comprenant cette fois les deux volets pédagogique et social. En plus de l’abrogation du fameux décret 10-315 qui est à l’origine de l’enracinement de ce mouvement de protestation dans le département de Harraoubia et la nécessité de trouver une solution qui peut satisfaire les deux systèmes classique et LMD «sans que leurs étudiants aient à faire la moindre concession», les étudiants réclament aujourd’hui une nouvelle politique de gestion de l’université algérienne.
Nous réclamons «la démocratisation de l’université (élection des responsables de l’université : recteurs, doyens, chefs de département) mais aussi la prise de décision qui devrait aujourd’hui appartenir aux différentes parties qui composent la communauté universitaire», explique le communiqué de la CNAE. Les étudiants grévistes demandent aussi «la reconnaissance des comités autonomes comme seul et unique représentant légitime des étudiants et donc la dissolution des organisations satellites». Tenue d’états généraux de l’université pour l’évaluation des deux systèmes ainsi que l’élaboration des textes les régissant avec concertation des acteurs concernés. Le maintien des deux système et laisser le choix aux étudiants… cela et la valorisation des diplômes universitaires et des instituts et leur reconnaissance par la Fonction publique.
Les étudiants représentés par la CNAE ont encore revendiqué une meilleure prise en charge de l’étudiant sur le plan social, et donc l’augmentation de la bourse, l’amélioration des services de transport, la construction d’infrastructures conséquentes et la dotation de toutes les universités de moyens de loisir et de divertissement. Tout cela pour une université publique, performante, moderne et progressiste.
Il est important de noter que très nombreux ont été les anciens étudiants à participer dans ce sit-in puisque «les revendications des étudiants sont celles de tous les intellectuels et toute une génération surtout en ce qui concerne le décret décret10-315 qui met l’avenir de tous les diplômes en jeu», nous diront d’ anciens étudiants approchés devant le ministère de l’Enseignement supérieur. «Les étudiants vont sensibiliser toutes les catégories sociales pour les soutenir et donc préserver l’avenir du pays», ajoutent-ils.
Par : CHAFIKA KAHLAL
