Énergie : l’Algérie sort sa carte secrète en Méditerranée et bouscule le marché mondial

Énergie : l’Algérie sort sa carte secrète en Méditerranée et bouscule le marché mondial
Énergie en Algérie

L’Algérie s’apprête à réveiller un trésor englouti. Face à la crise énergétique mondiale, le pays abat sa dernière carte maîtresse : 131 000 km² de fonds marins inexplorés en Méditerranée. De TotalEnergies à Eni, les géants mondiaux se bousculent déjà pour participer à cette ruée vers l’or noir et bleu en haute mer. Un méga-projet titanesque qui pourrait non seulement redessiner la carte géopolitique de l’énergie, mais aussi propulser l’économie algérienne dans une toute nouvelle dimension.

Lors de workshops organisés à Alger avec l’Association européenne des géologues et ingénieurs, le président de l’agence Alnaft, Samir Bekhti, a rappelé l’immensité du potentiel algérien. Sur un domaine minier total de 1,7 million de km², pas moins de 131 000 km² se situent en offshore, une zone encore largement sous-explorée qui suscite la convoitise des majors pétrolières.

L’événement a réuni un parterre de décideurs internationaux, notamment des représentants de TotalEnergies, Eni, Oxy, Pertamina, ainsi que des leaders des services technologiques comme SLB, Halliburton et Baker Hughes.

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Le projet « Exalt » : La technologie au service de l’exploration

Pour transformer ses ambitions en barils, l’Algérie s’appuie sur des partenariats technologiques de pointe. Le groupe SLB (ex-Schlumberger) pilote actuellement, en collaboration avec Alnaft, le projet Exalt. Lancé en 2022, ce partenariat a déjà permis de réimager 15 000 kilomètres linéaires de données sismiques marines 2D sur l’ensemble du littoral.

Selon Khaled Saidi, responsable Afrique du Nord chez SLB, les premiers résultats confirment l’existence d’un « potentiel d’exploration important » dans le bassin de la Méditerranée occidentale. Cette phase de traitement de données est cruciale pour confirmer les gisements avant de passer aux forages exploratoires.

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Un cadre réglementaire attractif pour les investisseurs

L’attractivité de l’Algérie ne se limite plus à son seul potentiel géologique, mais s’appuie désormais sur une réforme profonde de son cadre législatif qui renforce sa position sur l’échiquier mondial.

Le président d’Alnaft a ainsi mis en avant plusieurs atouts majeurs, notamment la modernisation des infrastructures à travers des réseaux de transport et de transformation performants, ainsi qu’une fiscalité favorable offrant un cadre réglementaire adapté aux impératifs de rentabilité des investisseurs étrangers.

Enfin, le pays s’impose comme une destination stable garantissant la sécurité énergétique des groupes internationaux soucieux de diversifier leurs sources d’approvisionnement dans un contexte global incertain.

Vers l’inclusion de blocs offshore dans les futurs appels d’offres

L’engouement suscité par les derniers appels d’offres (Bid rounds) de 2024 et 2026 confirme que l’Algérie est redevenue une destination privilégiée. Selon les experts présents, l’inclusion de blocs offshore dans les prochains cycles d’appels d’offres est désormais une perspective sérieuse.

La mise en valeur de ce potentiel nécessitera toutefois un transfert de technologie massif, l’offshore profond exigeant des expertises spécifiques que l’Algérie compte acquérir via des alliances avec des spécialistes mondiaux, à l’image du groupe malaisien An Nur.

Une démarche pragmatique

De l’optimisation des gisements matures à l’exploration sous-marine, l’Algérie adopte une approche multidimensionnelle. En jouant la carte de l’offshore, le pays ne se contente pas de chercher de nouvelles ressources ; il se positionne comme un acteur clé capable de répondre à la demande européenne et mondiale tout en assurant sa souveraineté économique.

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