A l’ordre du jour de la majorité des sessions ordinaires ou extraordinaires de l’Assemblée populaire communale d’Oran (APC) tenues l’an dernier, figuraient en bonne place l’entretien de l’éclairage public de la ville ainsi que la création de nouveaux points lumineux, se comptant déjà par milliers alors que les rues de certains quartiers du centre-ville sont dans le noir absolu, favorisant ainsi les vols et les agressions.
A titre d’exemple, nous ne citerons que la rue Colonel Abbès au quartier Sidi El Bachir (ex-Plateau) située juste derrière le CHUO, où l’éclairage public est totalement défaillant de même que dans d’autres rues de cette zone, avons-nous constaté hier à 6 heures du matin.
Il fait tellement sombre que les personnes devant se rendre au CHUO à pied évitent d’emprunter, seules, cette rue de peur de se faire agresser. Elles sont contraintes de faire tout un détour pour s’y rendre. «Il faut être un groupe pour pouvoir passer par cette rue», nous dira une jeune employée de l’hôpital, qui venait de descendre du bus de la ligne 51 pour se rendre à son poste de travail.
Que font les services concernés pour remédier à cette situation et que devient le suivi des opérations d’entretien de l’éclairage public auquel d’importantes sommes d’argent sont allouées chaque année ? Telles sont les questions que les citoyens sont en droit de poser, car il s’agit là de leur sécurité et de leur bien-être.
«Entre ce qui se dit et ce qui se fait, il y a un très grand écart ; c’est pour cela que les administrés ont perdu confiance. Si les responsables concernés faisaient des inspections nocturnes, la situation serait meilleure », commentera une personne du groupe qui empruntait à tâtons la sombre rue Colonel Abbès. Et dire que des centaines de points restent allumés des heures, pendant plusieurs jours, durant la journée.
L’ÉCLAIRAGE PUBLIC, UN BON FILON POUR S’ENRICHIR
Il y a à peine une semaine, la commune d’Oran a annoncé son intention de lancer une vaste opération de réfection et d’entretien de son réseau d’éclairage public. L’opération devait toucher, selon des sources proches de l’APC, les 12 secteurs urbains de la municipalité. Cette opération consiste en l’entretien des points lumineux existants et la réfection de ceux endommagés suite aux accidents de la circulation, aux incidents naturels et intempéries, mais aussi aux actes de vandalisme.
Cependant, du noir, Oran n’arrive pas à s’en débarrasser totalement, et des rues sont dans une obscurité complète, notamment des parties de grandes artères. Une obscurité qui a toujours été à l’origine d’une insécurité et des mécontentements des citoyens.
Ces derniers ont signalé cette situation aux services compétents, notamment au wali qui a, à maintes reprises, exprimé son mécontentement quant à la gestion du chapitre de l’éclairage public, pas seulement de la commune Oran mais également des 25 autres que compte la wilaya.
Des dizaines de milliers de points lumineux ont été annoncés, mais en dépit de ces chiffres que les meilleurs contrôleurs ne peuvent vérifier, beaucoup d’artères et de quartiers restent plongés dans le noir, probablement parce que les services chargés de l’entretien, pensent qu’une lampe est éternelle.
En effet, si les entreprises chargées de cette opération ont été désignées et seront installées dans peu de temps, il est peu probable qu’Oran retrouve la luminosité due à une ville qui aspire à un statut de métropole méditerranéenne. Et pour cause, le CW 33 est totalement plongé dans le noir, ainsi qu’une partie de Grande-Terre et Ez-Zitoune, sans parler des zones industrielles.
Pourtant, des camions passent leur temps à sillonner les rues de la ville, et des centaines de poteaux restent allumés des jours durant, ce qui «grillera» beaucoup de lampes, qu’il faudra remplacer de nouveau. Si l’on devait passer sous la loupe le nombre de lampes changées et de candélabres posés, on aurait l’impression qu’Oran est une commune de 15 à 20 millions d’habitants.
L’éclairage public étant un créneau juteux pour amasser des fortunes illégalement, car qui pourra prouver qu’une lampe qui ne marche pas, n’a pas été changée ? Les entreprises remettent-elles les lampes défaillantes changées à un service pour la comptabilité ? En dépit de ce constat, des entreprises sont sur le terrain et font du bon travail, comme c’est le cas sur la voie qui mène du rond-point d’El Bahia vers le siège de la Radio, ou encore le boulevard des Castors.
A. Bekhaïtia & H. Djaziri
