L’usine Fiat de Tafraoui ne veut plus se contenter d’assembler des véhicules, elle veut les fabriquer avec des pièces algériennes. Avec un objectif ambitieux de 30 % d’intégration locale d’ici la fin 2026, le constructeur italien déploie une stratégie massive pour créer un véritable écosystème industriel autour d’Oran. Entre création d’emplois, audits rigoureux et ouverture vers l’export, voici comment Fiat compte transformer le paysage de la sous-traitance automobile en Algérie.
L’usine Fiat de Tafraoui affiche une ambition claire : renforcer son ancrage industriel en Algérie, avec la volonté d’atteindre 30 % d’intégration locale à l’horizon 2026. Selon les indications présentées par Ahcene Boussag, responsable de la sous-traitance chez Fiat El Djazair, l’usine s’appuie sur une stratégie progressive pour développer un réseau de fournisseurs locaux capables de répondre aux standards du groupe.
Aujourd’hui, l’écosystème compte 26 fournisseurs. Treize (13) assurent l’approvisionnement direct de l’usine en pièces et composants, tandis que les treize autres couvrent les besoins de l’après-vente. Une base qui reste en phase de consolidation pour accompagner la montée en cadence industrielle.
Processus d’intégration et de croissance des fournisseurs
Dans le détail, Ahcene Boussag a décrit un dispositif d’intégration particulièrement encadré, qui s’étale entre 12 et 18 mois selon la téchnologie des composants et la complexité du processus de fabrication.
La première étape concerne la prospection. Les équipes identifient les industriels potentiels, vont à leur rencontre et réalisent un audit préliminaire afin d’évaluer leur capacité à répondre aux exigences du constructeur.
🟢 À LIRE AUSSI : Lekra3.com — chronique d’une génération et d’une Algérie en renaissance
Pour ce qui est de la deuxième phase, il s’agit de la présélection. Une consultation de six semaines permet aux fournisseurs de soumettre une offre complète, incluant un planning et une stratégie industrielle claire.
Enfin, la phase de concrétisation. Un appel d’offres, qui s’étend de 16 à 26 semaines, permet de retenir les acteurs les plus compétitifs sur le plan technico-économique.
Stratégies d’accompagnement et de développement
Au-delà de la sélection, Fiat adopte une logique d’accompagnement, comme l’a souligné Ahcene Boussag durant sa présentation. Les fournisseurs bénéficient d’un appui sur plusieurs volets clés : ingénierie, qualité, logistique, homologation des pièces, recrutement et formation.
Cette approche vise à sécuriser la chaîne d’approvisionnement tout en accélérant la montée en compétence des industriels locaux.
🟢 À LIRE AUSSI : IA, 5G, économie numérique… L’Algérie s’offre un nouvel horizon technologique avec Huawei
Certification internationale et exportation
Une fois sélectionné, chaque fournisseur dispose d’un délai allant de 12 à 18 mois pour industrialiser son projet et produire selon les standards du groupe.
D’après les précisions apportées par Ahcene Boussag, cette étape passe obligatoirement par des certifications délivrées par des organismes internationaux, ainsi que par l’engagement dans la démarche IATF, référence mondiale dans l’industrie automobile.
Au-delà des exigences de Fiat, cette certification constitue un véritable passeport pour l’export, ouvrant aux industriels algériens l’accès à d’autres marchés internationaux.
À travers cette stratégie, Fiat ne se limite pas à assembler des véhicules. Le constructeur pose les bases d’un écosystème industriel local, capable à terme de gagner en autonomie et en compétitivité.
🟢 À LIRE AUSSI : Filière laitière : Danone Djurdjura Algérie accélère l’intégration locale et se projette vers l’export
