C’est dans la nuit de mercredi à jeudi qu’une touriste italienne a été enlevée par un groupe de terroristes dans la région d’Alidena, située à 250 km au sud de Djanet, c’est-à-dire peu de temps avant l’annonce par le président de la République, au cours du Conseil des ministres tenu avant-hier, de la levée «dans un très proche avenir» de l’état d’urgence.
Ce qui, selon une source crédible, n’influera pas sur la décision prise bien que celle-ci, et selon les instructions du président, soit liée à l’accélération de la lutte contre le terrorisme. On s’attend, donc, à une accélération importante, prochainement, dans la lutte contre ce qui reste du groupe salafiste pour la prédication et le combat, appelé, également Al Qaïda dans le Maghreb islamique (AQMI).
C’est le premier enlèvement d’une ressortissante étrangère opéré par les terroristes en territoire algérien, après celui perpétré, en 2003, avec le rapt de 32 touristes occidentaux. Le GSPC ou AQMI s’en est, depuis, pris à des ressortissants étrangers enlevés par l’organisation terroriste au Mali et Niger.
La victime italienne était cliente auprès de l’agence touristique Ténéré pour un séjour de 14 journées, dont la première semaine dans la région de Tadrart, a-t-on signalé. Au huitième jour, elle s’est rendue à Djanet pour se ravitailler, avant d’être prise en filature par deux groupes de terroristes armés d’armes automatiques, à bord de deux véhicules tout-terrains, a-t-on précisé.
A son retour en compagnie de son guide vers Alidena, dans la région de Tadrart, les deux groupes armés sont intervenus dans la nuit de mercredi à jeudi et ont pris en otage la touriste italienne, alors que son guide et le cuisinier ont été relâchés, a rapporté l’APS.
Les terroristes ont ensuite autorisé leur otage à utiliser leur téléphone cellulaire (Thuraya) pour avertir le patron de l’agence Ténéré à Djanet, qui a aussitôt alerté les services de sécurité, selon la même source.
Une opération de recherches est menée par les services de sécurité et de l’ANP à travers toute la région du Tassili, selon la même source. L’AFP a rapporté, citant des sources sécuritaires, que les ravisseurs étaient au nombre de quatorze et circulaient à bord de deux Toyota station.
Le GSPC ou AQMI tente-t-il de mettre les relations des deux pays à l’épreuve ?
Certains observateurs notent que «le choix, par les ravisseurs d’une ressortissante italienne peut ne pas être fortuit», expliquant que «l’Italie est l’un des rares pays à ne pas avoir imposé un black-out sur l’Algérie au cours des années 1990, lorsque le groupe islamique armé (GIA) assassinait par centaines. «De nombreux pays refusaient de nous vendre même des armes légères.
L’Italie, quant à elle, a continué à coopérer avec l’Algérie, ce qui explique que beaucoup de policiers algériens sont dotés de pistolets automatiques de marque Beretta, de fabrication italienne», ajoutent-ils.
En opérant cet enlèvement, le GSPC tente-t-il de mettre à l’épreuve les relations entre les deux pays et punir l’Italie pour avoir soutenu l’Algérie face au GIA, organisation terroriste d’où est issue AQMI ?
Des monts blancs au Tassili
Des membres du GSPC, comme le GIA, démarreraient des monts blancs, maquis de la wilaya de Batna, en direction du Tassili, volant au passage des véhicules tout-terrains appartenant à des sociétés spécialisées dans le forage de puits de pétrole, qu’ils vendent dans d’autres pays à raison de 5 à 6 millions de CFA pour financer leurs activités.
Ce qui était fait du temps où cette organisation terroriste avait pour officier exégète un certain Abou Abdallah Messaoud. En cours de route, en 2003, les éléments du GSPC avaient rencontré 32 touristes européens. Là leur était venue l’idée de les enlever et d’exiger une rançon en contrepartie de leur libération.
Katibet Tarek Ibn Ziad était née, dirigée à l’époque par Mokhtar Belmokhtar alias Laouar (le borgne), ancien «émir» de la zone 9, avant d’être confiée par l’actuel «émir» national du GSPC ou AQMI) à un certain Abdelhamid Abou Zeid que Abou Mossaàb Abdelouadoud avait chargé d’éliminer l’ancien «émir» de cette phalange. C’était après le départ de Hassan Hattab de l’organisation. Les enlèvements, encouragés par le versement de rançons, constituent depuis une des plus importantes sources de financement de l’organisation terroriste.
Les forces de l’ANP avaient détruit des quantités importantes d’armes, munitions de guerre et explosifs que le GSPC avait achetés auprès de contrebandiers d’armes au Mali, avec une partie de l’argent versé comme rançon en contrepartie de la libération d’une partie des 32 touristes. Une autre partie avait été libérée grâce à une intervention de l’ANP.
C’est à ce moment que les ravisseurs avaient décidé de fuir vers le Mali avec leurs otages. Un autre chemin emprunté par les terroristes du GSPC pour l’acheminement d’armes, munitions de guerre et explosifs, non loin de In Salah, avait été découvert par les services de sécurité algériens il y a quelques années, selon une source crédible.
