Elle a averti les Walis deux mois avant les intempéries,La Protection civile accuse

Elle a averti les Walis deux mois avant les intempéries,La Protection civile accuse
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Les walis ont été priés d’entamer l’organisation des réunions préparatoires en vue d’évaluer les dispositifs de secours.

Les hommes du feu sont en colère. La raison? les walis n’ont pas pris très au sérieux la note qui leur a été envoyée par la Direction générale de la Protection civile (Dgpc). Ce document, dont L’Expression détient une copie, a alerté et sensibilisé les walis sur les mesures à prendre avant l’arrivée des pluies. Il leur a été destiné au mois d’août dernier, soit deux mois avant ces pluies. Pour les mesures préventives immédiates, il a été demandé à ces walis de «faire entreprendre le curage et le nettoyage des avaloirs urbains, faire entreprendre le curage des lits d’oueds et cours d’eaux, interdire tout dépôt de matériaux ou gravats en zones urbaines notamment au niveau des chantiers de construction des bâtiments…». Dans le document de la Protection civile il a été clairement noté que «les analyses faites à propos des inondations enregistrées ces dernières années dans notre pays, mettent bien en évidence leur caractère violent et leur survenance brutale provoquant ainsi des catastrophes destructrices et occasionnant d’importants dégâts humains et matériels». La note de ce corps ajoute que cette menace, «les pouvoirs publics en tant que responsables en charge de la protection des citoyens et leurs biens, doivent conjuguer leurs efforts davantage pour prévenir et atténuer les dommages d’éventuelles inondations», peut-on lire dans ce document.



La prévention, la prévision et la gestion des risque majeurs, entre autres, le risque d’inondation nécessite une prise en charge cohérente multisectorielle et une large concertation organisée sous l’autorité des walis. Cela, dans le cadre de la mission de coordination des opérations de secours. Dans cette perspective, les walis ont été priés d’entamer l’organisation des réunions préparatoires en vue d’évaluer les postes de secours dont la configuration doit s’adapter aux différentes situations, des inondations graves ou intempéries limitées mais dont les effets sur le fonctionnement des différents services essentiels peuvent être dommageables, notamment sur les voies de communication et l’activité économique locale. Dans ce sens, sur le plan pratique, il était clairement demandé aux walis, d’ engager toutes les actions qui entrent dans le cadre des mesures préparatoires dont la finalité vise à la fois des mesures préventives immédiates et opérationnelles. En ce qui concerne les mesures opérationnelles, il était clairement demandé à tous les walis sur le territoire national d’«organiser des réunions de coordination intersectorielles avec l’ensemble des structures de la wilaya en vue d’évaluer les différents volets essentiels du dispositif de secours, s’assurer du bon fonctionnement du système «d’alerte météo» de la wilaya et des mécanisme de transmission des BMS aux différents services publics» Aussi, les walis ont exhorté à actualiser et mettre à jour le plan d’intervention inondation, notamment en ce qui concerne le recensement et l’état de fonctionnement des moyens matériels spécifiques, prévoir des aires d’évacuation selon la carte des risques pour les zones inondables, rationaliser les stocks de sécurité selon le degré de risque inhérent à chaque wilaya, organiser des manoeuvres de simulation afin de tester l’interopérabilité des différents modules et leurs niveaux de préparation, impliquer la société civile par l’intermédiaire des associations pour développer la culture des risques… En d’autres termes, la Protection civile, non seulement a vu avant les autres mais elle a alerté tous les autres. Mais que ce qui s’est passé hier démontre l’absence totale d’anticipation et de prévention chez les walis. Avant-hier, il a fallu quelques gouttes de pluie pour paralyser la circulation et, plus dramatique, provoquer des morts. Rien que dans la capitale, les citoyens ont mis toute la matinée pour rejoindre leurs lieux de travail. De nombreuses routes étaient inondées et la circulation s’en est retrouvée très ralentie, voire complètement coupée. De vieilles bâtisses se sont effondrées comme des châteaux de cartes sur la tête de leurs occupants y laissant la vie. Enfin, personne n’a rien fait pour prévenir la catastrophe. Ni les walis, ni les APC. Pis encore, ce qui est frappant, au lieu de parer à d’autres catastrophes du genre, les autorités publiques passent leur temps à se rejeter mutuellement la balle au sujet de l’entretien et de la modernisation des réseaux d’assainissement. «En fuyant la pluie, on rencontre la grêle», dit le proverbe grec.