Les personnes désirant se présenter aux élections commencent à affûter leurs armes
Les partis politiques et les personnes intéressés par un mandat électoral ont déjà commencé à mobiliser leurs troupes.
Les élections locales et wilayales peuvent être organisées le 18 ou le 25 octobre prochain. Selon des sources gouvernementales, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a entamé les préparatifs de ces échéances dont le dossier aurait été remis au chef de l’Etat qui aurait accepté ces dates.
Toutefois, le département de l’intérieur n’est pas le seul à préparer ce rendez-vous. Les partis politiques et des acteurs du mouvement associatif qui sont intéressés par un mandat électoral ont déjà commencé à mobiliser leurs troupes. Si au niveau des directions nationales des partis, on ne donne pas encore l’impression d’être très préoccupés par ces élections, au niveau des localités, c’est-à-dire de la base, ça se prépare activement.
Le RND s’est contenté d’installer une commission nationale de préparation, le MSP a inclus ce point dans l’ordre du jour de son conseil consultatif qui aura lieu ce week-end et le PT abordera la question lors de son université d’été. Ces partis ainsi que d’autres ont fait leurs annonces sans le moindre bruit. Mais c’est au niveau de la base où les militants sont directement concernés par ces échéances, que le bruit des élections locales se fait le plus entendre.
«Avec la nouvelle loi électorale, les choses sont devenues un peu compliquées. Les sièges dans les assemblées communales ayant augmenté, le quota des femmes étant obligatoire, le travail de mobilisation, à commencer par l’établissement d’une liste électorale, n’est pas une sinécure», avoue le responsable local d’un parti politique à Alger.
Le désintérêt et le désespoir des citoyens qui sont peu portés sur la chose politique rendent encore la tâche de «recrutement» plus difficile, d’autant plus que le nombre des membres des listes électorales est important.
A titre d’exemple, dans une commune de moins de 10.000 habitants, où le nombre de sièges à pourvoir est de 13, une liste électorale doit comporter au moins 18 personnes.
Dans une commune de plus de 200 000 habitants, disposant de 43 sièges, un parti doit établir une liste dont le nombre de candidats est égal au nombre de sièges en plus d’un nombre de suppléants qui ne peut pas être inférieur à 30% du nombre des sièges.
«Compte tenu de ces considérations qui favorisent le FLN et le RND qui s’appuient sur l’administration et d’autres pratiques déloyales, on a commencé dès à présent à peaufiner notre stratégie électorale et repérer les militants les plus sincères et les hommes représentatifs pour ne pas faire ensuite dans le remplissage», ajoute notre interlocuteur.
En effet, la loi électorale du mois de janvier 2012 favorise les partis du pouvoir qui l’ont d’ailleurs adoptée. Le FLN, qui dispose d’une kasma dans chacune des 1541 communes d’Algérie, ne part pas à chances égales avec les autres partis, notamment de l’opposition. Le FLN recrute partout et à tour de bras. Pour certains des dirigeants de l’ex-parti unique, l’exercice politique n’obéit à aucune règle.
Dans les quartiers et au niveau des villages, les personnes désirant se présenter aux élections commencent à affûter leurs armes, tisser des liens et font même des promesses de précampagne.
«On s’active tant bien que mal et on profite des soirées de ce mois sacré pour rencontrer les citoyens et leur expliquer notre projet», souligne un membre d’un comité de village dans une commune de Tizi Ouzou.
Notre interlocuteur, qui ne cache pas son ambition, a un bilan à défendre concernant son activité au sein du mouvement associatif.
En deux ans, le comité de village dont il est membre a initié une dizaine de mouvements de protestation pour revendiquer les droits des villageois. Les soirées du mois sacré offrent donc une opportunité aux potentiels candidats pour réactiver leurs réseaux en vue des élections qui approchent.