Elections locales du 29 Novembre,Les partis islamistes en stand-by

Elections locales du 29 Novembre,Les partis islamistes en stand-by

soltani-bouguerra-300x272.jpgLa volonté de prendre part aux élections locales est particulièrement absente chez l’aile radicale des partis islamistes

à plus de deux mois des élections locales, la scène politique se distingue par l’éclatement et le clonage de partis politiques.

Des formations politiques «éprouvettes» se multiplient à souhait. D’ores et déjà, trois nouveaux partis agréés et 17 autres autorisés à tenir leur congrè constitutif, sont sur la même voie pour décrocher le sésame. La situation prévalant dans le paysage politique national semble curieuse.

La reproduction des partis et la campagne tapageuse pour la création du parti de Amar Ghoul censé ratisser large, notamment dans le camp islamiste et autres, résument l’instabilité politique qui prévaut. En tout état de cause, les solutions proposées ont toutes un dénominateur commun: accentuation de la crise multidimensionnelle de gouvernance. Ainsi, hormis les habituelles universités d’été, sessions du conseil national des partis et préparatifs pour les prochains congrès, la scène politique est loin de s’emballer. Exception faite du FLN, RND, FFS, RCD et PT, dont les préparatifs aux prochaines élections locales sont déjà engagés, le camp islamiste entretient le suspense. Jusqu’ici, les sessions de l’ensemble des madjlis echoura des formations islamistes composant l’Alliance verte, devant trancher la question de la participation aux élections locales ne sont pas encore tenues. Dans ce contexte, le mouvement El Islah tiendra aujourd’hui son université d’été à Boumerdès. Parallèlement à cette rencontre qui sera organisée au camp de toile de Zemmouri El Bahri, se tiendra une session du madjlis echoura pour décider de la participation ou non aux consultations du 29 novembre, a affirmé le secrétaire général du mouvement El Islah, Hamlaoui Akouchi. A l’instar du MSP, El Islah devra engager des préparatifs pour son congrès prévu en mars 2013. De son côté, le MSP par la voix de son membre de l’instance exécutive, Abderrezak Mokri, affirme que «le bureau national auquel avait été délégué la mission d’examiner cette question, lors de la dernière session du madjlis echoura, n’a pas encore tranché». Néanmoins, une réunion du bureau national pour étudier la question de la participation ou non «est prévue au courant de la semaine prochaine», selon le même responsable. Le MSP, qui se retrouve dans l’opposition depuis peu, caresse le rêve de donner un nouvel élan à sa formation qui se serait affranchie du carcan de ses contraintes liées à son ancienne stratégie d’entrisme, dira M.Mokri.

La volonté de prendre part aux élections locales est particulièrement absente chez l’aile radicale des partis islamistes. «Toutes les données politiques qui ont suivi la mascarade électorale des législatives du 10 mai ne sont pas favorables pour une participation à ces consultations», a indiqué hier, au téléphone, Abdallah Djaballah, président du Front pour la justice et le développement (FJD). Le madjlis echoura de cette formation devant discuter de cette question, ne se tiendra qu’en septembre prochain, selon notre interlocuteur. En tout cas, l’objectif auquel tend cette scène politique qualifiée d’«artificielle» reste insondable, soulignent de nombreux politologues. Le chamboulement de tout le processus des réformes annoncées en grande pompe est apparemment le procédé favorisé. Après l’éclatement, l’implosion des appareils et associations à caractère politique, on passe à leur multiplication. La scène politique déjà dénaturée serait polluée davantage, selon les observateurs. Une fournée de micro-partis est lâchée dans le paysage politique. L’Algérie, qui a vécu ces douze dernières années une fermeture totale, s’offre une ouverture politique et médiatique bancale. Le hic est que l’ensemble des fondateurs des partis agréés et ceux autorisés à tenir leur congrès constitutif jusqu’ici, pointent dans la cour auprès des relais d’allégeance du pouvoir en place. Une véritable «inflation» de sigles se déclinant sur la scène risque d’aboutir à un marchandage politique controversé. On aura ainsi droit à un patchwork de partis à l’occasion des élections communales du 29 novembre. Plus d’une cinquantaine de partis et des listes indépendantes prendront part à ce rendez-vous. Mais, de quels partis s’agit-il? Selon certains analystes, la mission des partis chez nous est non pas d’assurer la participation de la population à la vie politique mais c’est plutôt l’inverse: représenter l’État auprès de la population. Or, à quoi rime ce dessein? L’évolution des partis politiques en Algérie est tout, sauf «logique». Des partis politiques éprouvettes naissent avec des «moustaches» quand d’autres voient le jour avec des cheveux poivre-sel.