Invoquant des « relations particulièrement dégradées » entre Paris et Alger, notamment illustrées par les affaires Boualem Sansal et Christophe Gleizes, l’élu RN Christophe Barthès a fermement refusé ce jeudi l’accès aux locaux municipaux pour l’organisation des prochaines élections législatives algériennes. Une décision qui risque de faire du bruit.
« La Ville de Carcassonne a été sollicitée par le consulat d’Algérie afin de mettre à disposition des locaux municipaux destinés à accueillir des bureaux de vote dans le cadre des prochaines élections législatives organisées par les autorités algériennes à l’attention de leurs ressortissants établis en France« , écrit l’élu RN dans un communiqué publié en ce jeudi 11 juin 2026.
En plein froid diplomatique entre la France et l’Algérie, le nouveau maire RN de Carcassonne provoque une nouvelle polémique. Christophe Barthès a annoncé ce jeudi son refus de prêter des salles municipales au consulat algérien pour l’organisation des élections législatives à venir, revendiquant « un choix politique assumé » face à Alger.
La ville de Carcassonne refuse de prêter des locaux au consulat d’Algérie
Pour l’élu d’extrême droite, l’aide logistique de la commune est hors de question dans un tel contexte. Dans un message publié jeudi matin sur les réseaux sociaux de la ville, il a jugé incohérent que Carcassonne mobilise ses moyens pour des élections orchestrées par un État « dont les autorités entretiennent aujourd’hui des relations particulièrement dégradées avec la France« .
Cette décision fait suite à une demande du consulat d’Algérie, qui souhaitait ouvrir des bureaux de vote à Carcassonne. Les ressortissants algériens vivant dans la région sont en effet appelés aux urnes le 2 juillet prochain pour les élections législatives.
Par ailleurs, pour appuyer son refus, l’édile pointe du doigt la situation de deux figures médiatiques : l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, récemment libéré après une grâce accordée par le président Abdelmadjid Tebboune, et le journaliste sportif français Christophe Gleizes, toujours incarcéré en Algérie.
Plusieurs polémiques depuis son élection
L’élu tient toutefois à nuancer son geste : cette décision « ne vise en aucun cas » la communauté algérienne de sa commune. Christophe Barthès insiste sur le fait qu’il s’agit strictement d' »un choix politique assumé » ciblant directement les autorités algériennes.
Ce bras de fer diplomatique s’ajoute à une liste déjà longue de dossiers chauds à Carcassonne. Depuis son arrivée à la mairie en mars, l’élu RN multiplie les mesures chocs : il a tour à tour fait décrocher le drapeau européen de la façade de l’hôtel de ville, signé un arrêté anti-mendicité et sommé plusieurs syndicats de quitter des locaux communaux historiques.
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