Louisa Hanoune l’a annoncé hier : son parti ne fera pas d’alliance avec d’autres partis politiques en prévision des prochaines élections législatives du 10 mai prochain, et affirmera ne faire «aucun commentaire sur l’alliance des islamistes».
A ce titre, la secrétaire générale du parti a affirmé hier lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale que «nous n’envisageons pas d’alliance, qui signifie gouverner et partager le pouvoir avec tel ou tel autre parti». Soutenant que «si nous avons la majorité, nous assumerons nos responsabilités, dans le cas contraire, ce sera une situation qui appelle une réflexion et un débat». Le Parti des travailleurs, qui selon elle représente la «véritable alternative», se présentera au prochain scrutin avec des listes de militants du PT et un programme, et de souligner à ce sujet qu’«aujourd’hui, le plus important pour le PT est de proposer des listes représentatives qui nous aideront à gagner les élections». Ainsi, la secrétaire générale du PT qualifiera la prochain rendez-vous électoral de «crucial» et de «décisif qui y va de l’avenir de la nation», en ce sens où il s’agira pour la prochaine Assemblée de rédiger la nouvelle Constitution. En outre, ce scrutin, dira Mme Hanoune «intervient dans une période charnière pour le pays d’autant plus qu’il coïncide avec le 50e anniversaire de l’indépendance». Il s’agit aujourd’hui, pour la première responsable du PT «de passer, comme l’a dit le chef de l’Etat, à une ère nouvelle, en rompant avec le système du parti unique, son héritage, ses pratiques et ses institutions pour passer à une démocratie du peuple». D’où la nécessité pour Mme Hanoune de garantir «un contrôle rigoureux de l’origine de l’argent finançant la campagne électorale des partis politiques et un plafonnement du financement pour empêcher la prédominance de l’argent dans la future Assemblée populaire nationale». Dans ce contexte, elle appellera à un «plafonnement du financement de la campagne électorale» et «au contrôle de son origine» durant l’organisation de l’opération électorale, ceci pour «empêcher la pollution politique» durant ce scrutin. Abordant l’avènement sur la scène politique des nouveaux partis, Louisa Hanoune n’ira pas de main morte pour les qualifier de «faux partis», du moins soulignera-t-elle, «ceux qui n’ont pas de base militante et qui ont payé des personnes pour assister à leurs congrès». Une pratique qu’elle considérera comme «un danger pour la démocratie». Elle affirmera aussi que le parti des travailleurs n’est «pas contre les nouveaux partis qui se constituent, encore faut-il qu’ils soient de vrais partis». Des vrais partis, expliquera la Secrétaire générale du PT, qui présentent un véritable programme avec le choix de personnes dans leur capacité à débattre du sort de la nation. Car pour Mme Hanoune, «il s’agit maintenant de tourner la page définitivement», et de «corriger les erreurs du passé. En 1962 ce n’était pas la vraie constituante, c’était le système du parti unique, c’est la raison pour laquelle nous avons eu beaucoup de problèmes y compris ceux à l’origine de la tragédie nationale, résultat de l’accumulation des problèmes pendant des décennies et de l’exclusion du peuple». C’est pourquoi, elle insistera sur l’importance que revêt le scrutin du 10 mai prochain, et sur la nécessité de «réussir cet examen» à travers des élections qui se déroulont dans de bonnes conditions, qui auront exprimé la souveraineté du peuple, pour qu’«on puisse enfin opérer la rupture tant attendue pour fonder la 2e République». Sur la question de l’abstention, Louisa Hanoune exigera dans un premier temps
«davantage de garanties pour l’éviter», puis dira que «l’abstention» s’exerce «pour sanctionner ceux qui gouvernent», en ce sens où l’abstention «vient de la fraude, du mélange entre l’argent et la politique, du non- respect des mandats des députés, et du fait que les citoyens n’ont aucun pouvoir de contrôle sur les élus puisque ces derniers rompent tout lien une fois arrivés aux assemblées élues».
Lynda Naili Bourebrab
