El Niño confirmé pour l’été 2026 : l’Algérie est-elle face à un risque climatique majeur ?

El Niño confirmé pour l’été 2026 : l’Algérie est-elle face à un risque climatique majeur ?
El Niño confirmé pour l’été 2026, l’Algérie est-elle face à un risque climatique majeur.

El Niño est de retour. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) vient de trancher : la probabilité qu’un nouvel épisode se développe entre juin et août atteint désormais 80%, et grimpe à 90% pour les mois suivants. Concrètement, cela se traduit par des températures supérieures aux normales saisonnières sur la quasi-totalité du globe, des sécheresses prolongées dans certaines zones et des précipitations extrêmes dans d’autres. Pour le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, le message est sans ambiguïté : ce phénomène va «jeter de l’huile sur le feu» d’une planète déjà en surchauffe.

Née dans les eaux tropicales du Pacifique, cette perturbation climatique ne reste pas confinée à son berceau. Ses effets se propagent à travers les continents, modifiant les courants atmosphériques et redistribuant les masses d’air à l’échelle planétaire. L’Algérie, malgré sa distance géographique de l’épicentre du phénomène, se retrouve pleinement dans la trajectoire de ses conséquences.

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Pourquoi El Niño 2025 inquiète-t-il davantage ?

Les eaux du Pacifique tropical affichent déjà des températures dépassant de 6 °C les normales saisonnières. Un signal rarement observé à ce stade précoce. Le précédent épisode, survenu entre 2023 et 2024, figure parmi les cinq plus puissants jamais documentés. Il a largement contribué à faire de 2024 l’année la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle mondiale.

Cette fois, le contexte de départ est encore plus préoccupant. La secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, a été directe : «L’empreinte d’un El Niño s’étend bien au-delà de ses origines dans l’océan Pacifique, affectant l’agriculture, l’approvisionnement énergétique, le commerce, les ressources en eau, les chaînes d’approvisionnement et les moyens de subsistance dans des régions entières.»

Le phénomène suit un cycle naturel. Il apparaît généralement tous les deux à sept ans, dure entre neuf et douze mois, et atteint son pic entre novembre et février. Ses effets sur les températures mondiales se font surtout sentir lors de la deuxième année suivant son apparition. Mais l’OMM prévient : «même un El Niño modéré augmente le risque de phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes».

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Quel pourrait être l’impact d’El Niño sur l’Algérie ?

La Méditerranée, mer qui borde le nord du pays, se réchauffe environ 20 % plus rapidement que la moyenne mondiale. Elle constitue l’un des principaux «points chauds» du changement climatique selon plusieurs études internationales. Ce contexte régional amplifie mécaniquement les effets d’un épisode El Niño.

L’Afrique du Nord connaît déjà une transformation profonde de ses étés. Des vagues de chaleur autrefois qualifiées d’exceptionnelles s’installent progressivement comme une réalité ordinaire. Avec El Niño en toile de fond, ces épisodes pourraient gagner en intensité, durer plus longtemps et survenir plus tôt dans la saison. Des wilayas du sud comme Adrar, Ouargla ou Tamanrasset avaient déjà franchi les 48 °C lors des derniers étés, avec un mois d’avance sur les normales.

Le secteur agricole reste particulièrement exposé. Le stress hydrique pourrait atteindre des niveaux critiques. Les risques d’incendies de forêt, bien documentés lors des étés 2021 et 2022, s’en trouveraient également renforcés.

Alertes climatiques : la priorité selon l’OMM

Face à cette menace, l’OMM martèle un message central : l’anticipation. «Les prévisions saisonnières anticipées et les alertes précoces sont essentielles pour sauver des vies», a rappelé Celeste Saulo. L’organisation précise toutefois que rien ne prouve qu’El Niño devienne plus fréquent sous l’effet du changement climatique. En revanche, un climat plus chaud amplifie ses conséquences. Une atmosphère chargée en énergie et en humidité favorise les événements extrêmes, qu’il s’agisse de canicules ou de pluies torrentielles.

Le directeur de l’OMM a insisté sur la nécessité d’investissements croissants. «Nous comprenons El Niño ; nous pouvons bien mieux nous y préparer grâce à la science», a-t-il déclaré à Genève. «Mais en plus d’El Niño, il y a des phénomènes extrêmes, et ces phénomènes extrêmes nécessitent de plus en plus d’investissements.»

Antonio Guterres a, lui, appelé les gouvernements à traiter la situation comme une urgence absolue. Selon lui, les impacts «seront plus violents, toucheront davantage de régions et franchiront les frontières à une vitesse dévastatrice». Sa feuille de route est claire : mettre fin à la dépendance aux combustibles fossiles, accélérer la transition vers les énergies renouvelables et déployer des systèmes d’alerte pour les populations les plus vulnérables.

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