Tous réclament une revalorisation de leur situation socioprofessionnelle
En agitant, de nouveau, le spectre de la grève, les travailleurs des secteurs des communes, des transports, de la santé et de l’éducation veulent forcer la main au nouveau chef du gouvernement.
C’est devenu, maintenant, presque une habitude. Dès qu’un problème connaît un début de solution et que des mesures d’accompagnement sont prises en faveur des travailleurs, en conflit avec leur direction ou tutelle, qui réclamaient une modification de leur statut, les syndicats reviennent, aussitôt, à la charge pour exiger plus.
Tantôt, c’est la nouvelle grille salariale qui est remise en cause, tantôt ce sont les indemnités et primes que les travailleurs rejettent, estimant que leurs montants sont encore trop bas. Un peu plus gourmands, d’autres demandent à ce que les augmentations qu’ils ont obtenues leur soient payées avec deux ou trois années de reliquat, à l’instar des salariés de tel ou tel secteur. Pour avoir encore plus, d’autres semblent avoir trouvé la parade, en réclamant la promulgation d’un nouveau statut, donc d’une nouvelle grille des salaires.
Autrement dit, ils veulent avoir le beurre et l’argent du beurre! Toujours est-il, la menace de recourir à la grève, brandie par certains syndicats, à la veille de la rentrée, n’augure rien de bon. Beaucoup pensent que c’est pour essayer de forcer la main au nouveau chef de l’Exécutif que les communaux, les spécialistes de la santé, les travailleurs de l’éducation et ceux de l’Etusa ont choisi cette période pour se faire entendre.
Tous réclament une revalorisation de leur situation socioprofessionnelle, même si pour le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique, c’est le concours de graduation prévu dans trois semaines et les modalités de passage instaurées par la tutelle pour accéder d’un emploi à un autre qui ont suscité l’ire des praticiens et des candidats. Selon Mohamed Yousfi, leader du Snpssp, les modalités d’organisation du concours, de même que la désignation du jury, composé, dit-il, d’hospitalo-universitaires, ne seraient pas conformes à la loi.
De son côté, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Djamal Ould Abbès soutient que les deux décrets publiés dans le Journal officiel, il y a deux mois, ont été élaborés en concertation avec toutes les parties concernées, c’est-à-dire la tutelle et les représentants des médecins spécialistes.
Les travailleurs des communes et des collectivités locales revendiquent, eux, la promulgation d’un statut particulier parce que les statuts généraux de la Fonction publique sont dépassés, selon eux, de même que le recours à la majoration du point indiciaire pour revaloriser et augmenter les salaires des fonctionnaires. Malgré des augmentations très consistantes qui ont permis aux enseignants de doubler voire tripler leurs salaires en l’espace de quelques années, le secteur de l’éducation gronde toujours, en agitant le spectre de la grève.
C’est sûr, le problème des adjoints d’éducation pourrit la vie à tout le monde, mais ce n’est pas une raison pour pénaliser des millions d’élèves en les prenant, à chaque fois, en otage. Il est temps de mettre de l’ordre dans la maison et protéger nos enfants de tous les excès.
Ils ont pris près de quatre mois de vacances, leur seul désir est de bien entamer l’année scolaire 2012- 2013 pour ne pas avoir de problèmes lors des examens d’évaluation trimestriels ou de passage de fin d’année. A l’Etusa, apparemment, le courant entre le syndicat et la direction ne passe plus. Les revendications salariales et le manque à gagner constituent un casse-tête pour cette dernière qui rêvait de se refaire une santé et de se redéployer, en sollicitant du ministère des Transports l’autorisation de gérer le métro d’Alger. Ressuscitée sur les décombres de l’ex-Rsta, l’Entreprise des transports urbains algérois éprouve beaucoup de difficultés pour remplir sa mission de service public.
Ses bus souffrent du manque d’entretien et les voyageurs n’arrivent plus à s’accommoder de ces saletés et de ces sièges et carreaux cassés qui n’ont pas été réparés ou remplacés.
La responsabilité est partagée. L’entreprise n’a rien à gagner en se mettant en grève qui la fragiliserait et la discréditerait davantage aux yeux des usagers et surtout des pouvoirs publics.
