Le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui, a franchi une étape décisive ce samedi en annonçant la fin du régime de formation préalable pour l’intégration des enseignants et des fonctionnaires. Cette réforme majeure s’appuie sur un constat pragmatique issu des réalités du terrain : le système actuel, bien qu’établi sur des bases réglementaires, s’est transformé en un obstacle bureaucratique lourd pour les personnels.
En reconnaissant que le lien entre l’intégration et le suivi de programmes de formation spécifiques constituait une faille dans le statut particulier, le ministre répond directement aux critiques portant sur la légalité et la pertinence de ces conditions. Désormais, le processus d’intégration directe devient la norme, visant à sécuriser la carrière des professionnels sans leur imposer de parcours de formation jugés redondants ou inadaptés à leur expérience déjà acquise en classe. Cette décision marque une volonté de restaurer la confiance entre l’administration centrale et les acteurs pédagogiques en simplifiant radicalement les procédures administratives de titularisation.
Une nouvelle dynamique sociale alignée sur les orientations de l’État
Cette annonce ne se limite pas à une simple simplification technique, elle s’inscrit dans une stratégie globale de stabilité du secteur de l’éducation, portée par les directives du président de la République. En écoutant les revendications des syndicats qui dénonçaient l’épuisement des enseignants face à des programmes de formation contraignants, Mohamed Seghir Saâdaoui engage son ministère dans une démarche de concertation et de transparence.
Le ministre a fermement souligné que l’objectif prioritaire est d’éliminer toute source de stress ou d’épuisement inutile pour les personnels, tout en accélérant la révision des textes réglementaires pour que chaque ayant droit puisse bénéficier de ses acquis rapidement. Il est toutefois important de noter que cette réforme distingue clairement l’intégration de la promotion : si la formation obligatoire pour l’accès au poste est supprimée, le perfectionnement continu et les formations spécialisées pour l’évolution de carrière restent maintenus.
Cette approche équilibrée permet de garantir le droit légitime à la stabilité professionnelle tout en préservant l’exigence de qualité et de montée en compétences au sein de l’école algérienne.
Le dossier de la formation obligatoire : pourquoi le ministère a tranché
Jusqu’à cette annonce, l’intégration des enseignants était conditionnée par le suivi d’une formation pédagogique préparatoire. Ce dispositif, instauré pour harmoniser les compétences, imposait aux personnels des cycles d’apprentissage théoriques sur la psychologie de l’enfant, la gestion de classe et la législation scolaire. Bien que l’objectif initial fût de professionnaliser les recrues non issues des Écoles Normales Supérieures (ENS), ce système est devenu, au fil du temps, une source de blocage administratif et de fatigue professionnelle.
Les enseignants et les syndicats dénonçaient une charge de travail supplémentaire, souvent imposée durant les week-ends ou les vacances, retardant inutilement leur titularisation. En décidant de supprimer cette étape pour l’intégration, le ministère reconnaît officiellement que l’expérience de terrain prime sur la théorie. Cette réforme simplifie le parcours de carrière : la formation ne disparaît pas, mais elle redevient un outil de promotion volontaire et non plus un obstacle obligatoire à la stabilité de l’emploi.
