La journée de samedi verra-t-elle la fin de la crise qui secoue depuis plusieurs semaines le secteur de l’éducation, ou au contraire le durcissement d’un mouvement synonyme alors de pourrissement. La rencontre prévue entre la tutelle et, en principe, tous les syndicats, sera à ce titre celle de la dernière chance.
La journée de samedi sera décisive aussi bien pour le ministère de l’Education que pour les sept syndicats qui ont replongé le secteur dans la spirale des grèves après un premier trimestre serein. Une nouvelle rencontre pour tenter de trouver une issue à ce débrayage de trop et pourquoi pas répondre une fois pour toutes à la principale revendication des syndicats, à savoir la révision du statut particulier. Il faut rappeler que depuis 2008, le gouvernement tergiverse et fait un pas en avant pour mieux reculer par la suite sur ce dossier très controversé. De l’aveu même de la ministre de l’Education, ce statut comporte d’«inégalités», s’engageant à ouvrir le débat avec toutes les catégories du corps enseignant dans des discussions qui devront s’étaler sur cinq années.
Du côté des syndicats, on parle d’un dialogue sans efficacité. C’est le cas du Cnapest-e qui s’obstine à poursuivre la grève jusqu’à satisfaction de ses revendications.
Dans ce contexte miné par des déclarations équivoques, Benghebrit tente de se rapprocher de nouveau des syndicats après avoir échoué à leur forcer la main à signer une charte de déontologie de la profession en échange de la révision de ce statut.
Cette question a d’ailleurs constitué un des points de divergence entre la tutelle et ces organisations. Les syndicats ne veulent pas d’une révision à la hâte et demandent une concrétisation pure et simple de leurs demandes. «Des revendications ont été prises en charge, mais exigent du temps pour leur réalisation. Cependant, reste cette question de la retraite après 25 ans de service, qui ne relève pas de nos prérogatives et que je ne peux accepter», répond la ministre. Elle assure néanmoins que son département «a donné toute la latitude aux chefs d’établissement pour préserver l’intérêt de l’élève. Plusieurs façons de résoudre le problème à l’échelle locale existent. Il faut donner de l’autonomie à la décision locale». Et en cas de non-aboutissement et d’insistance du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique élargi (Cnapest-e) à enclencher une grève à laquelle il avait appelé, le ministère de l’Education nationale «recourra à des retenues sur salaires des grévistes et à la suspension de la prime de rendement», a averti la ministre de l’Education nationale, qui espère ouvrir un débat «responsable et constructif» avec tous les partenaires sociaux à l’exception du Cnapest-e. Celui-ci a affirmé, hier, par la voix de son secrétaire national chargé de l’information, Messaoud Boudiba qu’il maintient la grève au niveau national pour «dénoncer le désengagement de la tutelle quant à sa responsabilité de trouver une solution aux problèmes du secteur, à travers la série de revendications soumises par le Cnapest-e». S’interrogeant sur «l’intérêt» de la réunion prévue samedi prochain entre le mi-nistère et les syndicats, il a précisé que son organisation syndicale «n’a pas été invitée à y prendre part».
«Nous n’acceptons aucune rencontre qui n’a pas pour objet des négociations autour des revendications que nous avons soumises», a soutenu Boudiba.
A. B