Pointé du doigt à l’unanimité par les professionnels du secteur de l’Education, les associations des parents d’élèves, l’heure de l’évaluation sonne enfin pour le système de l’éducation ainsi que les réformes appliquées depuis 2003 par l’ex-ministre de l’Education, Boubekeur Benbouzid. C’est ce qui ressort de la déclaration faite jeudi par le ministre de l’Education, Abdelatif Baba Ahmed, en marge de la session du Conseil de la nation consacrée aux questions orales.
Depuis son installation en septembre à la tête du secteur de l’Education, Baba Ahmed a souligné que «l’amélioration de la qualité de l’enseignement à travers des actions impliquant l’ensemble des acteurs concernés figure parmi les axes prioritaires de ce secteur». Dès lors, le ministre a fait savoir concernant les réformes qu’un bilan sera établi prochainement pour voir «ce qui a été appliqué, ce qui a permis d’améliorer la qualité de l’enseignement et ce qui a engendré des problèmes». Le ministre a estimé, en outre, que «cette réforme doit faire l’objet d’une analyse approfondie et d’une évaluation objective pour y apporter les correctifs nécessaires, car il est difficile de remettre en cause totalement une réforme qui a une existence d’environ une quinzaine d’années». Aujourd’hui, les actes sont joints à la parole et le ministère de l’Education compte mettre en place une commission ad hoc pour une évaluation périodique des réformes introduites dans le secteur depuis 2003. Selon le premier responsable de secteur, cette structure sera mise en place au début de l’année 2013, au cours du mois de janvier ou février. Cette commission sera composée d’enseignants, spécialistes en éducation, instituteurs et inspecteurs, et aura pour mission «une évaluation périodique des réformes introduites dans le secteur depuis 9 ans». L’action de la commission doit se faire avec «attention», a indiqué le ministre selon lequel le nombre important d’élèves (plus de 8 millions) «ne nous donne pas droit à l’erreur». L’évaluation périodique «devrait permettre de passer en revue les points forts et les lacunes des réformes dont le principal objectif était l’amélioration de la qualité de l’enseignement et les résultats du système éducatif». A la question de savoir si les revendications des corps communs relevant du secteur de l’Education nationale ont été satisfaites, M. Baba Ahmed a souligné que cela «ne dépend pas seulement du secteur de l’Education» mais concerne plusieurs secteurs, affirmant que leurs revendications seront soumises au gouvernement. S’agissant de l’indemnisation des enseignants qui se sont portés candidats aux élections locales, le ministre a rappelé que la loi était claire à ce sujet et donnait le droit au candidat de prendre un congé.
Yasmine Ayadi
