La transition vers l’économie numérique n’est plus une option de modernisation, mais un impératif stratégique mondial. C’est autour de ce constat que Ooredoo a réuni, ce mercredi 8 juillet, la presse nationale à son siège de Ouled Fayet, pour la 86e session de son Club de Presse, consacrée à un thème aussi vaste qu’urgent : « L’Économie Numérique : Comprendre les transformations mondiales pour décrypter les enjeux de l’Algérie ».
La session a été animée par Abderrahmane Hadef, expert international en développement économique, devant un parterre de journalistes venus décrypter les mutations qui redessinent, secteur après secteur, l’économie mondiale, du commerce à l’agriculture, en passant par la santé, les transports et les administrations publiques.
En ouverture, Ramdane Djezairi, Directeur des Affaires Corporatives, Relations Presse et RSE de Ooredoo, a profité de l’occasion pour rappeler aux journalistes présents la prolongation des délais de participation à la 19e édition du concours Media Star. Le thème retenu cette année, « L’impact de l’intelligence artificielle et de la technologie 5G sur les transformations socio-économiques en Algérie », trouve un écho direct dans les travaux présentés lors de cette session. Les candidats disposent désormais jusqu’au 31 août 2026 pour finaliser et publier leurs contributions.
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Une cartographie chiffrée de la révolution numérique mondiale
Pour mesurer l’ampleur de la mutation en cours, M. Hadef a d’abord posé le décor à l’échelle planétaire, à travers une analyse illustrée d’exemples concrets. Les chiffres, eux, donnent le vertige : on recense aujourd’hui 5,56 milliards d’utilisateurs d’internet à travers le monde, soit un taux de pénétration de 67,9%. Parmi eux, 5,31 milliards sont actifs sur les réseaux sociaux, portés en grande partie par 5,78 milliards de connexions mobiles.
Cette hyper-connectivité génère un flux d’informations gigantesque : le volume mondial de données devrait atteindre 181 zettaoctets (Zo) d’ici la fin de l’année. Un gisement qui alimente un marché technologique structuré autour de piliers financiers considérables : 15 700 milliards de dollars d’impact global prévu pour l’intelligence artificielle, 6 500 milliards pour l’écosystème mobile, plus de 900 milliards pour le cloud computing, et plus de 210 milliards d’investissements en cybersécurité.
« Sans données, il n’y a pas d’économie numérique« , résume l’expert. « Les données sont devenues le capital stratégique du siècle : elles améliorent la productivité, personnalisent les services, optimisent les chaînes logistiques, entraînent les modèles d’IA et affinent la prise de décision. »
Cinq technologies, un basculement des rapports de force
L’intervention a ensuite détaillé les cinq technologies qui agissent aujourd’hui comme les moteurs de cette transformation économique globale : l’intelligence artificielle, le cloud computing, les data centers, l’internet des objets (IoT) et la cybersécurité. Leur poids dans le PIB mondial est déjà considérable : l’IA devrait peser pour 19% du PIB mondial (16 trillions de dollars), suivie du cloud à 20% (17 trillions de dollars), de l’IoT à 17% (14 trillions de dollars) et de la 5G à 9% (8 trillions de dollars).
Ce basculement redistribue également les cartes sur l’échiquier géopolitique et industriel : le duel entre les États-Unis et la Chine s’intensifie, l’Union européenne tente de préserver sa souveraineté numérique, la Corée du Sud et Singapour s’imposent comme leaders technologiques, tandis qu’émerge rapidement un nouveau bloc porté par l’Arabie saoudite et le Qatar. Le paysage des géants de la tech connaît lui aussi une mutation sémantique et structurelle : les traditionnels GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) cèdent progressivement la place à une nomenclature plus large, celle des MANGOS.
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Des effets concrets, secteur par secteur
Loin de rester théorique, cette révolution numérique se traduit déjà par des impacts mesurables :
- Agriculture : +75% de rendement grâce au déploiement de capteurs IoT et de la 5G
- Santé : entre 128 000 et 240 000 patients supplémentaires pris en charge efficacement à distance via la télémédecine
- Industrie : 11,6 millions de dollars d’économies directes grâce à l’automatisation et aux « dark factories » (usines entièrement automatisées)
- Transport et logistique : une capacité optimisée permettant 1 million de tonnes de livraisons supplémentaires
- Villes intelligentes : une contribution directe de 2,5% de croissance supplémentaire du PIB
Des opérateurs télécoms qui deviennent des « TechCo »
Qualifiés par Abderrahmane Hadef de véritables « bâtisseurs des données numériques », les opérateurs de télécommunications, qui représentent une participation directe de 5,8% dans le PIB, vivent une mutation existentielle. Hier simples fournisseurs de connectivité centrés sur la téléphonie classique, les SMS et l’accès internet basique, ils intègrent désormais nativement les services cloud, les outils d’IA, la gestion de la cybersécurité, le traitement massif de la data, le paiement mobile et l’exploitation commerciale des réseaux 5G et de l’IoT. Une transition que le secteur résume d’une formule : de « TelCo » à « TechCo ».
L’Algérie face au défi du numérique : cap sur 20% du PIB en 2030
Abordant ensuite le contexte national, l’expert a insisté sur le caractère stratégique de la transformation numérique pour l’Algérie, notamment pour accélérer la diversification de l’économie, renforcer l’indépendance technologique du pays, stimuler l’innovation et favoriser l’émergence de nouvelles sources de croissance à forte valeur ajoutée.
Le pays s’est doté d’une feuille de route ambitieuse à travers sa Stratégie Nationale : atteindre un objectif de 20% de contribution du numérique au PIB national d’ici à 2030. L’intégration massive de la 5G, de l’IA et du cloud au tissu économique local pourrait transformer en profondeur les indicateurs macroéconomiques du pays, avec :
- une hausse additionnelle du PIB algérien estimée entre 2,5% et 5% ;
- la création nette de 500 000 postes de travail qualifiés d’ici à 2030 ;
- une multiplication par 2 ou 3 de l’efficacité du service public grâce à l’accélération de la e-gouvernance ;
- un bond de +30% à +40% du rendement agricole, enjeu crucial pour la sécurité alimentaire nationale ;
- une réduction significative et historique du fossé d’infrastructures entre le milieu urbain et le milieu rural.
Pour l’Algérie, le défi ne réside donc plus seulement dans l’acquisition des technologies, mais dans sa capacité à bâtir un écosystème juridique, financier et humain capable d’absorber cette transition, pour s’imposer comme un hub numérique régional incontournable.
Un débat nourri et une immersion dans l’ICT Solutions Center
À l’issue de la présentation, un riche débat a réuni journalistes et formateur, témoignant du vif intérêt suscité par cette thématique. En marge de cette session, Ooredoo a également invité la presse à découvrir son tout nouveau ICT Solutions Center, un espace technologique de dernière génération implanté au siège de l’entreprise et dédié à l’accompagnement de la transformation numérique des entreprises. La visite a permis de présenter les différentes solutions et expertises développées par ce centre d’excellence, illustrant l’engagement de Ooredoo à accompagner les organisations algériennes vers un environnement numérique toujours plus performant et innovant.
À travers cette nouvelle session de son Club de Presse, Ooredoo réaffirme son rôle d’entreprise citoyenne engagée dans la diffusion de la connaissance, l’accompagnement des professionnels des médias et la promotion d’une culture économique et numérique indispensable à la compréhension des défis de demain.
