Economie: L’Algérie «dans le rouge»

mercredi 13 novembre 2019 à 9:42
Source de l'article : Lequotidien-oran.com

S’exprimant sur les ondes de la radio chaîne 3, Youcef Benabdellah, professeur en économie, affirme que l’Algérie est « dans le rouge » et que le pays a pris du retard depuis 2014 en n’élaborant pas une démarche économique pour sortir de la dépendance accrue des recettes des hydrocarbures.

«L’Algérie doit œuvrer à générer des flux financiers correspondant à la productivité réelle de son économie, en réduisant sa dépendance aux hydrocarbures », a indiqué M. Benabdellah, regrettant que les données liées aux aspects financiers «ne sont pas reliées aux aspects réels de l’économie nationale». Selon lui, l’économie nationale «s’est appauvrie depuis quarante ans, alors qu’elle manifestait des apparences de richesse, notamment avec l’appui des réserves de change qui ont pu atteindre les 200 milliards de dollars et le Fonds de régulation des recettes (FRR)». Pour cet économiste, il est nécessaire, voire urgent, de réfléchir à des solutions pour produire de la richesse sans recourir au pétrole et sans épuiser les réserves de change du pays. «C’est le chantier difficile et douloureux qui attend les Algériens et les prochains gouvernants», a-t-il déclaré, proposant de «rétablir les équilibres financiers, notamment au niveau du budget de l’Etat», et appelant à développer «une capacité régalienne pour débusquer des réserves financières». Il s’agit également de «réduire le déficit de la balance des paiements en réussissant la bataille de l’export à travers une production nationale solide et de qualité pour diversifier les recettes d’exportation et ainsi réduire la vulnérabilité de l’économie nationale vis-à-vis de l’extérieur». « L’invité de la rédaction », émission matinale de la chaîne 3, a également plaidé en faveur d’un investissement public orienté vers la productivité économique et non «vers la demande publique». Concernant les investissements directs étrangers (IDE), M. Benabdellah a estimé nécessaire de les orienter vers les secteurs à forte valeur ajoutée, par l’élaboration d’une stratégie nationale en faveur des secteurs avec un fort potentiel de transformation structurelle de l’économie nationale, précisant que le principal secteur devant être visé est le secteur industriel. Il a, en outre, appelé à la mise en place d’un système d’incitation en faveur des investissements locaux et à adopter une stratégie de développement basée sur la «stabilité institutionnelle» pour rassurer les investisseurs» nationaux ou étrangers.

«Contraintes drastiques», selon l’UNEP

De son côté, l’Union nationale des entrepreneurs publics (UNEP) estime que l’économie nationale est confrontée à des «contraintes drastiques» à caractère structurel, résultant des effets cumulés de nombreux facteurs endogènes et exogènes. Dans un communiqué de son bureau national publié lundi, l’UNEP estime qu’ « au cours des derniers mois, plusieurs secteurs de l’économie nationale connaissent de graves difficultés dues notamment à la baisse importante des plans de charge, à la baisse constante de la demande sur les biens et services, ainsi qu’à la persistance des créances non recouvrées et à la difficulté d’approvisionnement en matières premières, pièces détachées ou intrants ». Cela a généré des «situations extrêmement difficiles à gérer qui hypothèquent souvent la vie même de nombreuses entreprises», estiment les patrons du secteur public économique, ajoutant que «cette situation de stagnation économique, si elle venait à se poursuivre, risque d’avoir pour conséquences, notamment une déliquescence du tissu industriel national et une aggravation du chômage, qui touche de nombreux citoyens et en particulier les jeunes».

R.N

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