Langue arabe obligatoire, programmes étrangers interdits : les écoles privées dans le viseur de l’État

Le gouvernement algérien impose un sévère tour de vis aux établissements d’enseignement privés. À travers le décret exécutif numéro 26-310 du 22 septembre 2026, l’État réaffirme avec fermeté la souveraineté pédagogique nationale.
La langue arabe devient ainsi le vecteur d’enseignement obligatoire dans l’ensemble des établissements privés, mettant un terme aux dérives et aux enseignements parallèles observés ces dernières années.
La langue arabe, pilier pédagogique absolu
Le nouveau texte réglementaire, publié au numéro 71 du Journal officiel, ne laisse aucune place à l’ambiguïté. La langue arabe est désormais la langue d’enseignement exclusive et obligatoire pour l’ensemble des disciplines et à tous les niveaux scolaires, de l’élémentaire au secondaire, à la seule exception des cours consacrés aux langues étrangères.
Cette mesure s’accompagne d’une interdiction stricte d’enseigner des programmes étrangers ou d’utiliser des manuels et supports pédagogiques non préalablement homologués par le ministère de l’Éducation nationale.
Seule concession prévue, l’enseignement secondaire général et technologique pourra intégrer des programmes spécialisés dans certaines filières scientifiques, mais uniquement selon des modalités encadrées par arrêté ministériel.
Pour renforcer ce cadrage, l’organisation d’activités éducatives complémentaires sera soumise à une autorisation préalable et devra rester strictement optionnelle pour les élèves.
Les écoles devront également faire valider un contrat de performance par la direction de l’éducation compétente et créer des conseils pédagogiques afin de garantir la rigueur des évaluations et lutter contre toute forme de fraude.
Un tournant pédagogique salué par le syndicat SATE
Dans une déclaration accordée au journal arabophone Akhbar El Watan, le secrétaire général du Syndicat algérien des travailleurs de l’éducation (SATE), Mohamed Belamri, a affirmé que ces nouvelles mesures répondaient à une nécessité urgente de cadrage.
Il insiste sur le fait que la différence de gestion ne doit pas se traduire par une divergence des référentiels pédagogiques.
Selon le responsable syndical, le recours par certaines écoles à des langues d’enseignement non réglementaires ou à des programmes non homologués constituait une violation directe de la loi d’orientation sur l’éducation nationale.
L’application du décret permettra aux inspecteurs de l’éducation d’effectuer des contrôles rigoureux dans les classes privées pour veiller au respect strict des programmes nationaux et garantir l’équité des chances pour tous les élèves, quel que soit leur établissement.
Une refonte globale des conditions d’agrément, de gestion et de contrôle
Au-delà du volet linguistique et pédagogique, le texte redéfinit en profondeur le cadre administratif, financier et organisationnel du secteur. L’octroi de l’agrément est désormais étroitement subordonné à la carte scolaire établie par le ministère.
Le fondateur, s’il s’agit d’une personne physique, doit être de nationalité algérienne, âgé d’au moins 25 ans, jouir de ses droits civiques et n’avoir fait l’objet d’aucune sanction liée à la déontologie.
Le dossier administratif exige la souscription d’une caution bancaire de 15 % auprès d’une banque publique, la fourniture d’un certificat de conformité aux normes de sécurité, un rapport d’expertise du bâtiment et la possession d’un registre du commerce exclusivement dédié à l’activité éducative.
La gestion pédagogique des établissements subit elle aussi une mutation majeure. Le fondateur ne peut plus cumuler ses fonctions avec la direction pédagogique de l’école.
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Cette responsabilité doit être confiée à un directeur pédagogique de nationalité algérienne, âgé d’au moins 30 ans, titulaire d’une licence universitaire et justifiant d’une expérience professionnelle d’au moins dix ans dans l’enseignement.
Sur le plan financier et relationnel, l’établissement est tenu de conclure un contrat de scolarité écrit avec le tuteur légal de l’élève.
Ce document doit préciser clairement la grille tarifaire, les prestations fournies ainsi que les services annexes comme le transport et la restauration. Les tarifs doivent être autorisés par le ministère et publiés au moins trois mois avant la rentrée scolaire.
De plus, le texte interdit formellement la perception de dons ou de financements extérieurs sans l’accord préalable du ministre de l’Éducation nationale.
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Enfin, le décret instaure un régime strict de sanctions et de mise en conformité. Les écoles actuellement en activité disposent d’un délai maximal de trois ans pour régulariser leur situation.
En cas d’infraction constatée, une mise en demeure de 30 jours est adressée au fondateur avant d’engager des procédures pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément et à la fermeture définitive.
Un fichier national des fondateurs et directeurs contrevenants est également créé, entraînant une interdiction d’exercer de deux ans, voire une exclusion définitive en cas de récidive.






