Échec au Mondial : Molina accuse la FAF de mauvaise gestion et de privilégier les intérêts personnels

Échec au Mondial : Molina accuse la FAF de mauvaise gestion et de privilégier les intérêts personnels
Graves révélations de Romain Molina sur l’équipe d’Algérie

L’élimination de l’Algérie au Mondial 2026 face à la Suisse (2-0) en seizièmes de finale a laissé des traces profondes. Mais au-delà de la déception sportive, c’est un tableau bien plus sombre que dresse le journaliste français Romain Molina. Dans une série de révélations fracassantes publiées cet après-midi, il pointe directement la Fédération algérienne de football (FAF) et son président Walid Sadi comme les principaux responsables du naufrage. Dettes impayées, absence totale d’encadrement, comportements incontrôlés de certains joueurs et guerres de clans internes : le diagnostic est brutal.

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La FAF, une structure sans cadre professionnel au Mondial 2026

Évaluée à l’aune des exigences d’une Coupe du monde, la structure fédérale algérienne a révélé ses lacunes les plus criantes. Molina est catégorique : aucun dispositif sérieux de suivi des performances ni d’accompagnement professionnel n’avait été mis en place pour préparer cette échéance planétaire.

« La structure fédérale n’avait aucun cadre pour le suivi et l’accompagnement des performances et surtout pour le professionnalisme nécessaire à une Coupe du monde », a-t-il déclaré. Conséquence directe : les joueurs ont évolué en roue libre. « On a accordé quartier libre aux joueurs et certains en ont bien profité. Il y avait même quelqu’un qui a fait jaser parce qu’il était en bonne compagnie, je préfère ne pas citer de noms. »

Pis encore, le journaliste révèle qu’après la défaite face à la Suisse, certains membres du groupe ont terminé la soirée en dehors de tout cadre officiel. « Il n’y avait aucun responsable, un manager par exemple, pour suivre tout, c’était un poste à l’abandon », insiste-t-il. Un vide organisationnel qui, selon lui, a pesé lourd sur la cohésion et la discipline du groupe.

Mandi, Mahrez, Maza : les tensions internes révélées par Molina

Au-delà du désordre structurel, Romain Molina décrit une équipe traversée par des résistances individuelles et des calculs personnels. Certains joueurs auraient ainsi pesé sur les choix tactiques, non pas pour des raisons sportives, mais pour protéger leur propre statut.

« Il y a certains qui étaient un peu politiques, comme Mandi qui était contre une défense à trois. Idem pour Mahrez car il savait qu’il allait sauter avec ce dispositif tactique », affirme-t-il. Des résistances qui auraient contraint le sélectionneur à renoncer à un schéma pourtant travaillé en amont.

Le cas Maza est également évoqué avec des détails inédits. Selon Molina, le joueur aurait mal compris son rôle face à la Suisse, en partie à cause d’un différend avec Petkovic. Mais c’est surtout l’intervention de son père qui interpelle : « Le papa de Maza s’est intervenu pour réclamer d’attribuer le numéro 10 à son fils. » Une ingérence familiale qui illustre, selon le journaliste, le niveau d’amateurisme ambiant. « S’il y avait une bonne fédération, tous ces problèmes enfantins n’auraient pas existé », conclut-il sèchement.

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Walid Sadi épinglé : dettes, Petkovic et ambitions continentales compromises

La charge la plus lourde de Molina vise directement Walid Sadi. Le président de la FAF est présenté comme un dirigeant dépassé, incapable de gérer les finances de l’instance et de prendre les bonnes décisions. La situation financière décrite est particulièrement embarrassante.

« La FAF a de grosses dettes à payer. Je vous donne un exemple concret : le fournisseur de viande n’est pas payé. Tu (Sadi) même pas capable de payer le gars qui ramène le poulet ! Certains hôtels n’ont pas aussi été payés », lâche Molina, sans ménagement.

Sur le dossier Petkovic, le journaliste retourne également la responsabilité : c’est Sadi lui-même qui aurait poussé à la prolongation du contrat du sélectionneur bosnien, avant de chercher à s’en séparer. « Ce n’est pas Petkovic qui a mis le couteau dans la gorge de la Fédération pour obtenir un nouveau contrat. C’est plutôt Sadi qui l’a impulsé. Le coût de ce revirement ? Au minimum 320 000 euros, réglés par l’État algérien ».

Quant aux ambitions de Sadi au sein de la CAF, Molina les juge condamnées d’avance. « Walid Sadi prétend briguer un nouveau mandat au Comité exécutif de la CAF, il ne l’aura pas. Certes, le Maroc joue un grand rôle là-dessus, mais il n’est soutenu de personne. »

Les guerres de clans, cancer chronique du football algérien

Derrière le fiasco sportif, Molina identifie un mal plus profond et plus ancien. Les luttes d’influence au sein du bureau fédéral empoisonnent, selon lui, le fonctionnement de la FAF depuis des années. La suppression de certains avantages, notamment le voyage en Amérique pour assister au Mondial, a ravivé des tensions latentes entre différentes factions. « Ce qui gangrène le foot algérien, ce sont ces luttes éternelles de clans », résume-t-il.

La question de l’avenir de Vladimir Petkovic à la tête des Verts reste, elle, officiellement en suspens. Aucune annonce formelle de la FAF n’est venue clore le feuilleton, même si les rumeurs d’une séparation imminente se multiplient depuis l’élimination. Ce que les révélations de Molina changent, c’est le prisme de lecture : le sélectionneur bosnien n’apparaît plus comme le seul responsable d’un échec dont les racines sont, manifestement, bien plus institutionnelles.

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