Les échanges commerciaux entre la France et l’Algérie marquent le pas. Après plusieurs années de croissance, l’exercice 2025 se clôture sur une baisse de 14,8 %, pour une valeur globale de 9,4 milliards d’euros. Un repli qui s’explique par la conjoncture énergétique mondiale, mais qui révèle aussi un essoufflement des exportations françaises face à une concurrence internationale de plus en plus agressive.
Selon les dernières données de la Direction générale du Trésor français, le volume des échanges est passé de 11,1 milliards d’euros en 2024 à 9,4 milliards d’euros en 2025. Cette contraction, bien que partiellement liée à la chute des prix des hydrocarbures, cache des changements structurels profonds : alors que la France perd du terrain, notamment sur le segment des céréales, l’Algérie renforce ses liens avec d’autres partenaires comme l’Italie, l’Espagne et la Chine.
Hydrocarbures : L’effet prix plombe la valeur des exportations algériennes
Les importations françaises en provenance d’Algérie ont chuté de 17,1 % pour s’établir à 5,2 milliards d’euros. Les produits énergétiques, qui représentent près de 90 % de ces flux, sont les premiers touchés :
- Pétrole et Gaz : La valeur des achats français est tombée à 3,8 milliards d’euros (-21,8 %), malgré des volumes restés stables.
- Conjoncture : Le baril de Brent a stagné autour de 66 dollars en 2025, dans un marché mondial saturé.
Malgré ce recul, l’Algérie demeure le 4ème fournisseur de la France en hydrocarbures, talonnée de près par le Nigéria, mais restant loin derrière les États-Unis.
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La percée du « Hors-Hydrocarbures » algérien
Note positive pour l’économie algérienne : les exportations non énergétiques vers la France ont progressé de 8,3 %, atteignant 532 millions d’euros. Ce dynamisme est porté par la chimie et la pétrochimie (+13,6 %), avec en tête les engrais azotés et les gaz industriels. Ces chiffres illustrent la montée en puissance des capacités industrielles algériennes et une volonté concrète de diversification.
Exportations françaises : Un repli stratégique inquiétant
De l’autre côté, les ventes françaises vers l’Algérie ont reculé de 11,8 %, stagnant à 4,2 milliards d’euros. Plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance :
- Céréales en chute : Le recul des exportations agricoles, autrefois fleuron du commerce français, est particulièrement notable.
- Retrait des PME : On observe une diminution du nombre d’entreprises françaises exportatrices. Si les grands groupes maintiennent leurs positions, les petites et moyennes entreprises semblent se retirer progressivement du marché.
- Concurrence accrue : La France perd des parts de marché au profit de l’Italie, de l’Espagne, de la Turquie et de la Chine, dans un contexte de tensions politiques qui pèse parfois sur le climat des affaires.
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Au final, le solde commercial reste largement en faveur de l’Algérie. Selon les données de la plateforme Comtrade, l’Algérie dégageait déjà un excédent de 1,7 milliard de dollars en 2024. Cette tendance semble se confirmer en 2025, plaçant l’Algérie comme le deuxième débouché des exportations françaises en Afrique, mais dans un cadre de plus en plus concurrentiel où Paris n’est plus le partenaire exclusif ni hégémonique.
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